L'évangile selon Jacques Lucas (Cyrille Audebert)

Résumé :

"Jusqu’à ce jour, j’avais une idée assez précise de ce que pouvait être le bonheur : un appart dans un quartier chic, des toiles vendues à prix d’or avant même d'avoir été peintes, et Mélodie... Mélodie, le modèle que je rêvais depuis toujours de serrer dans mes bras, et qui venait de me rouler la pelle de ma vie…
Ouais, c’était sûrement ça, le bonheur.
Y avait bien cette « Ombre » au tableau, celle qui avait entrepris de nettoyer la ville de ses clochards d’origine maghrébine, mais c’était tellement loin d’ici, dans les rues sombres…
Et puis, ce matin-là, en rentrant, j’ai trouvé cet attroupement devant mon immeuble, et tous ces flics chez moi, à l’étage… C’est là que le cauchemar a commencé, et que les souvenirs de ma vie d’avant ont refait surface.
Et si l’assassin, c’était tout simplement moi, David Huxley…"

 

Mon avis :

Je commencerai par le style de l'écriture, que j'ai vraiment apprécié : travaillé tout en restant fluide, de belles tournures maîtrisées, des dialogues truculents.
Le fond n'est pas en reste cependant avec une galerie de personnages un brin loufoques pour la plupart, mais aussi terriblement humains : de la boulangère un tantinet nymphomane au malheureux David Huxley qui ne sait plus où donner de la tête entre la sensuelle Mélodie et l'amoureuse transie Margot Baudor. Petit détail : la belle Margot est aussi lieutenant de police. Ce qui tombe plutôt bien dans le contexte de l'histoire : une série de meurtres, ciblant des personnes d'origine méditerranéenne. Dans l'immeuble de David, c'est un chassé-croisé de suspects et d'enquêteurs qui se met en place, donnant lieu à des échanges piquants pour le plus grand plaisir du lecteur.
De découvertes en révélations, d'enlèvements en manipulations, David Huxley va devoir s'extirper de ce bourbier, tout en renouant avec un passé dont il se serait justement... bien passé !
Une touche de tragique avec les crimes, une touche de tendresse aussi car, face à cette ribambelle de personnages féminins irrésistibles et conscients de l'être, la gent masculine semble bien vulnérable, aux prises avec les tourments de l'amour et du désir qui pourraient bien obscurcir sa raison... A moins que l'amour ne pousse certains à se surpasser ?

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