La nuit des lionnes (V. Cansier)

Résumé :

Ecrasé de chaleur, le petit village de Signalouv se prépare à passer tranquillement ce long weekend du quinze août.
Tranquillement ? Pas vraiment... Lorsque la plus grande famille européenne de lions s'échappe d'un parc zoologique, prend ses quartiers dans les rues et décide de transformer les habitants en casse-croûte... Un seul conseil, fermez vos fenêtres et verrouillez vos portes et ne sortez pas !!!

 

Mon ressenti :

L'histoire débute avec la découverte de l’ambiance du zoo, point de départ du drame. Un gardien un peu (non, complètement !) fou met sur pied un plan machiavélique pour faire renvoyer une collègue qu’il déteste : libérer les lions et la faire passer pour responsable. Hélas, le plan va conduire à la catastrophe pour le personnel du zoo et pour les habitants du village.

Dans les pages suivantes, nous découvrons un par un les habitants du village voisin dans leur quotidien, ignorant le drame qui se joue à quelques pas de chez eux. Attachants ou antipathiques, ronchons ou mesquins, ces personnages sont tous humains et crédibles. Monsieur et Madame tout le monde en sorte, aux prises avec leurs soucis familiaux et leurs relations de voisinage parfois tendues. Le lecteur attend alors, avec une impatience mêlée de crainte, l'arrivée des lions en fuite... A chaque page, on redoute de les voir apparaitre, alors que le quotidien tranquille des habitants se déroule selon une routine bien établie.

Certains habitants sont confrontés rapidement aux fauves, ce qui coûte la vie à  quelques uns, d’autres luttent pour protéger leurs proches. Plusieurs scènes rappellent un film d’épouvante, notamment quand un malheureux protagoniste ne comprend pas ce qui lui arrive (pourquoi les voisins chez qui il vient de sonner lui font de grand signes à travers la vitre par exemple !) alors que le lecteur, lui, n’a que trop bien saisi ce qui allait arriver : "Derrière

toi ! Ne reste pas là !" a-t-on envie de crier... Les descriptions des attaques sont sanglantes mais réalistes.

En parallèle, la vie d’autres personnages continue à se dérouler normalement, même si on s’attend à tout moment à ce que les fauves croisent leur route. Le suspense est maintenu : comment l'horreur va-t-elle se manifester chez ces personnes jusque là épargnées ? C'est bien le contraste entre le quotidien banal des habitants et la survenue violente de ces animaux sauvages qui donne sa saveur au récit.

Une famille se cloître chez elle, s’efforce de se barricader, comme un huis clos où la peur est nourrie par les rugissements des bêtes à l’extérieur qui s’en prennent aux voisins. C’est prenant, personnellement ça m'a rappelé certains cauchemars !

On trouve aussi un peu d’humour dans la description de certaines situations, de certaines réactions. Les protagonistes alternent entre comportements tendres, émouvants ou répugnants selon leur personnalité.

Dans la seconde partie de l'histoire, solidarité et même héroïsme se mettent en place : c’est en période critique qu’on découvre mieux ses voisins et qu’on se rapproche de ce qui nous tient réellement à cœur, avec notamment des liens familiaux qui se renouent.

Une histoire palpitante, bien écrite, que j'ai pris grand plaisir à dévorer (sans mauvais jeu de mots !).

 

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