Retrouvez ici mes impressions sur mes dernières lectures


 

Les 7 pierres de vie (Florence JOUNIAUX)


Résumé : 

Dans une forêt reculée du royaume des Trois-Lunes, un homme mortellement blessé se réveille, totalement désorienté, amnésique. Il est cependant recueilli et soigné par le peuple des Nouts. Le Conseil fait alors appel aux esprits des Anciens pour découvrir qui il est. Quelques bribes de son passé resurgissent : il semblerait avoir mené un rude combat contre les forces du Mal et se prénommerait Martin. De bien maigres renseignements ! Aussi décide-t-il de partir sur les chemins du royaume en quête de son identité. De nombreuses rencontres jalonnent son parcours, semé d’embûches mais aussi de rencontres enrichissantes, celle du Dormeur, Somnéan, et de la prêtresse Dah’ana notamment. Lui apportera-t-elle des réponses ? Qui est-il vraiment ? Parviendra-t-il à retrouver les personnes qui hantent ses rêves ?

Mon avis :

J’avais précédemment découvert la plume de Florence Jouniaux à travers le roman S-F «Argenix», et la manière dont elle mêlait la fiction pure à une réflexion sur la nature humaine m’avait séduite. J’ai donc abordé la trilogie « Les 7 pierres de vie » avec sérénité.
Grande amatrice de la saga épique « Le Seigneur des Anneaux », c’est pourtant souvent avec une petite appréhension que je découvre un roman de fantasy… Pour que la « sauce » prenne, il faut, à mes yeux, que l’auteur vive réellement son univers. Que serait un environnement imaginaire sans ses territoires, ses peuples et ses créatures ? Florence Jouniaux nous offre un monde complet, avec ses langues, sa géographie, son histoire, sa mythologie. C’est un bel hommage à d’autres grands romans de fantasy mais sans jamais tomber dans la copie facile : on perçoit simplement la culture en matière de littérature fantastique de l’autrice et son désir de créer son univers bien à elle, cohérent et fouillé.

 

Les « 7 pierres de vie », c’est d’abord l’histoire d’un homme, dénommé Martin au début de l’histoire, qui a perdu la mémoire et va donc partir à la recherche de lui-même. Une histoire « personnelle » qui va rapidement devenir une destinée hors du commun.
La quête de soi, la maîtrise de ses pouvoirs, la peur face à ce qui nous dépasse, sont des thèmes récurrents auxquels sont confrontés la plupart des personnages de la trilogie. Linéa, princesse douée de capacités magiques et vouée à jouer un grand rôle dans la lutte contre le Mal, en est un parfait exemple : malgré l’aide de son mentor, elle éprouve quelques difficultés à contrôler son « pouvoir » qu’elle perçoit d’abord comme un fardeau… Avoir des capacités hors normes n’est pas toujours un cadeau et les romans le rappellent bien.
 
Parmi les sujets qui réapparaissent régulièrement au fil des tomes, on peut citer le respect pour toute créature vivante (les relations entre hommes et animaux sont valorisées, entre autres avec la belle création de « l’animal-lige »), mais aussi la question de la responsabilité conférée par le pouvoir, qu’il soit magique ou politique, la solidarité et la capacité de sacrifice. Jamais moralisateurs, mais riches en pistes de réflexion, les romans se prêtent à différents niveaux de lecture.

 

Comme dans tout roman de fantasy, la magie est bien entendu omniprésente, que ce soit à travers les pouvoirs des héros qui reposent principalement sur la force de l’esprit, ou dans les pierres de vie si convoitées ayant donné le titre à la trilogie. Cependant, le surnaturel est savamment dosé, subtil, jusqu’à en devenir… naturel, évident du moins. Les personnages, nombreux et bien développés, restent les acteurs sur le devant de la scène. Les « 7 pierres de vie », c’est avant tout l’aventure d’individus auxquels le lecteur s’identifie aisément et dont le périple nous entraîne de Terres inconnues en rencontres terrifiantes ou amicales, d’apprentissages en affrontements contre les forces du Mal.
 
Côté rythme, la trilogie alterne entre pages paisibles consacrées aux descriptions du quotidien des personnages ou de leurs moments de convivialité (tels que des repas qui mettent l’eau à la bouche), et périodes épiques, plus nombreuses dans les deux derniers tomes, où suspense et affrontements se multiplient.
 
Une trilogie qui a su me convaincre du début à la fin.

 

La dame en blanc (WILKIE COLLINS)


Résumé : 

Une nuit, Walter Hartright, jeune professeur de dessin, porte secours à une mystérieuse « dame en blanc » que semble poursuivre une obscure menace. La jeune femme, parmi des propos incohérents, laisse entendre qu'elle est familière d'un lieu où il doit prochainement se rendre - le manoir de Limmeridge, perdu dans les brumes du Nord - pour enseigner la peinture aux deux pupilles de Mr Fairlie, Marian Halcombe et Laura Fairlie.
Une fois sur place, à sa grande stupeur, Walter se rend compte que Laura ressemble étrangement à cette mystérieuse créature fantomatique, tout droit échappée d'un asile... Fervent défenseur de la cause féminine, il sent alors se nouer autour de lui un implacable complot : des mariages arrangés, voire meurtriers ; des hospitalisations de force par d'honorables familles soucieuses d'écarter des témoins gênants ; une société secrète qui fait poignarder les traîtres à sa cause...

Mon avis :

Le démarrage fut pour moi un peu poussif, entre le style assez formel (le roman fut écrit en 1860) et le rythme lent du premier chapitre visant à mettre en place les personnages et le contexte. Un professeur de dessin, William Hartright, sur le point d’être engagé dans une demeure anglaise pour enseigner son art à de jeunes femmes, fait une étrange rencontre nocturne sur une route menant à Londres : une femme, toute de blanc vêtue, apparaît comme surgie du néant et lui tient des propos confus dans lesquels elle le met en garde, mais sans préciser contre qui. A ce stade de l'histoire, on oscille entre romance, polar et fantastique sans pouvoir déterminer quel genre va l'emporter. 
Mais ce n’est pas pour rien si ce livre est considéré comme un des premiers « romans policiers » de l’histoire de la littérature : l'intrigue se met en place, avec un scénario relativement classique et des personnages que l’on cerne rapidement (à l’exception du comte Fosco, pour lequel j’ai conservé des doutes pendant un bon moment). Cependant, deviner ce qui va se passer s’est avéré moins évident que prévu ; certains rebondissements restent prévisibles mais d’autres nous surprennent au détour d’une page. Mystères et secrets de famille, révélations incomplètes, tentatives d’action avortées, manipulations savamment orchestrées et échappatoires inespérées font du roman une œuvre addictive.

 

Les personnages sont clairement à classer en deux catégories opposées. Les hommes sont principalement des êtres indifférents et égocentriques (Mr Fairlie), voire retors, froids, manipulateurs, usant de leur pouvoir social ou juridique pour se servir des femmes. Hartright fait exception et incarne parfaitement la « figure du chevalier blanc », désintéressé et pourvu d’un profond sens de l’honneur.
D’autres personnages secondaires masculins « positifs » viendront en appui dans un second temps (docteur, juriste, professeur…), mais, dans les premiers chapitres, on a clairement l’impression que les femmes n’ont aucune marge de manœuvre dans leur existence. Respect de la parole donnée, sens des convenances, les musellent.
Marian Halcombe, la sœur de Laura Fairlie, qui la pousse à tenir sa parole et écarte ceux qui pourraient la faire douter, m’a parue bien froide au début. Et pourtant, par la suite, elle se révèlera un personnage particulièrement fort, courageux, qui se surpasse grâce à l’amour profond qu’elle porte à sa sœur.

Le personnage de Laura, qui va être l’enjeu du roman, paraît bien fade en comparaison ! Du début à la fin, je l'ai perçue comme un jouet ballotté par les circonstances (ceci dit, rappelons le contexte : l’Angleterre du XIXè siècle limitait sérieusement les possibilités pour une femme de prendre son destin en main). Mais le tempérament même de l’héroïne est en cause : chez Laura, j’ai trouvé une résignation et une passivité parfois exaspérantes. Elle est belle, fragile et vulnérable, incarnant la princesse en détresse dont le salut ne pourra venir que d'un vaillant héros.

Un autre personnage féminin capital est celui d’Anne, mystérieuse, déséquilibrée, qui apparaît comme une sorte de Pythie connaissant de lourds secrets et pressentant les évènements tragiques à venir, sans toutefois pouvoir les expliquer de manière claire. Elle avertit, mais sans donner les précisions nécessaires à l’action, elle distille des informations au compte-goutte et, s'il devait y avoir un fantôme dans l'histoire, ce serait bien elle, de par l'omniprésence de son ombre qui plane sur le passé et le présent, sans toutefois apparaître très souvent physiquement.

 

L’usage de différents narrateurs selon les parties du roman permet de ressentir les points de vue des divers personnages et de révéler au lecteur ce qui reste secret pour les autres protagonistes. Une bonne méthode pour ménager le suspense. Le rythme varie entre passages où l’intrigue avance rapidement et des moments plus lents qui avivent notre impatience de connaître la suite.
 

L’ambiance est celle de l’Angleterre au XIXè siècle, dans un milieu aisé, au sein de belles demeures. Dans la deuxième partie du roman, Blackwater Park (le bien nommé !) est un domaine sombre, doté d'un étang sinistre... On verrait bien un meurtre s’y dérouler… Et justement, c'est en ce lieu que le danger rôde et que le piège se referme comme une toile d’araignée, avec l’argent pour motivation. Que peuvent faire l’héroïne et sa sœur pour y échapper ? Un meurtre aura-t-il lieu ?

 

Intrigue chez Virginia Woolf (Anne-Marie Bougret)


Résumé : 

Clara lit dans le journal que son amant est mêlé à une affaire de meurtre et de proxénétisme. 
Un comble quand on est une fervente admiratrice de Virginia Woolf et de son féminisme avant-gardiste !
Pour tirer cette affaire au clair, elle entraîne sa vieille amie Sally dans une histoire qui les dépasse, à travers une région où rôde le fantôme de la célèbre romancière.
Clara parviendra-t-elle à échapper à la mafia, et à réhabiliter à la fois l’honneur de son amoureux et la mémoire de son égérie ?

Mon avis :

Dès les premières pages, je me suis attachée au personnage de Clara, femme de caractère mais néanmoins sensible, qui se retrouve confrontée, par le biais de son petit ami, à un crime. On devine une machination, peut-être une vengeance, l'intervention de milieux criminels... Jusque là, rien que de très classique me direz-vous ? Que nenni ! Et c'est là la force de ce roman, qui entremêle avec brio "l'enquête" actuelle sur la mort d'une étudiante et une recherche sur les vraies raisons de la mort de l'écrivaine engagée Virginia Woolf.
L'ombre de celle-ci plane déjà sur le début du roman : Clara lui voue une admiration profonde, elle fréquente les lieux où elle a vécu, rencontre des personnes qui l'ont connue... On devine un lien entre les deux femmes, comme une passation de flambeau spirituel entre deux personnalités engagées de générations différentes.
Pour ma part, je ne connaissais que très vaguement Virginia Woolf et j'ai pris plaisir à découvrir sa vie et son œuvre à travers ce roman de fiction : sans jamais tomber dans la biographie, mais au travers de belles évocations et citations, Anne-Marie Bougret distille suffisamment d'éléments concernant Virginia Woolf pour en faire une ombre omniprésente de l'histoire (et même plus par la suite mais je vous laisse le plaisir de le découvrir).
Le roman nous plonge dans une atmosphère cosy et met en valeur le British way of life à travers de jolies descriptions de plats, de lieux, de décorations, dont le sens du détail donne au lecteur l'impression de voir la scène se dérouler devant ses yeux.
Le rythme alterne entre moments d'action, voire de drame, et passages plus apaisés, dans une atmosphère feutrée.
Pour finir, impossible de ne pas évoquer la réflexion de fond sur la condition féminine et les rapports hommes-femmes, avec un parallèle entre l'époque de Virginia Woolf et l'époque actuelle.
Un beau roman, original, intelligent, engagé. Je le recommande vivement !

 

Le maître de la lande (Ruth Rendell)


Résumé : 

0ui, c'est bien Stephen qui a découvert le premier cadavre. Oui, c'est lui qui a inspecté la voiture abandonnée de la seconde victime. Oui, il a laissé ses empreintes digitales sur la carrosserie. Et alors ? Stephen aime la lande, il s'y promène souvent, voilà l'explication. Il est même le seul à en connaître chaque dolmen, chaque buisson. Mais qu'est-ce que ça prouve ? Son groupe sanguin est aussi celui du tueur ? Simple coïncidence. Il n'est pas psychopathe, lui, il n'a rien contre les femmes blondes. Et ce n'est pas sa faute si l'autre s'embusque sur la lande pour étrangler et scalper ses victimes.

Mon avis :

Le premier Ruth Rendell que je découvre, un de ces livres trouvés par hasard dans une boîte à livres. le titre m'a attirée.
J'attendais du mystère, des ambiances humides et brumeuses, quasi magiques. de ce côté, je n'ai pas été déçue, pourtant les premiers chapitres m'ont parus très classiques, un peu lents même.
Heureusement, la lande s'avère être un personnage à part entière, avec ses pierres mystérieuses, ses cavités oubliées et ses variations climatiques. Les premiers cadavres apparaissent, de blondes jeunes femmes, qui font figure de victimes de sacrifices (leurs chevelures sont systématiquement prélevées).
Le personnage principal, Stephen, m'a fascinée. Trouble, perturbé, il est amoureux passionné de la lande, bien plus que de sa femme pour laquelle il éprouve cependant une possessivité maladive. Il est aussi l'héritier d'une famille aux nombreux secrets, où bien des membres font défaut. L'ombre d'un ancêtre célèbre plane sur son existence alors que la présence envahissante de son père le vide de son identité et que l'absence de sa mère enfuie le laisse orphelin...
Je me suis passionnée pour sa descente dans la tourmente criminelle, avec une deuxième partie du roman beaucoup plus rythmée que le début, et plus originale aussi, même si on se perd un peu dans certains passages complexes.

 

HALLOWE’EN 

(recueil de nouvelles de
Laurel GEISS, ArieL I.S, Anaïs MONY, Nelly BOUTCHOKI)


Résumé : 

Quatre autrices de talent associent leurs plumes pour vous proposer quatre nouvelles à dévorer dans le noir.
La romance, la chick lit, le thriller et le fantastique se rencontrent ainsi pour votre plus grand plaisir.

BAS LES MASQUES par Nelly Boutchoki
HALLOWEEN FATAL par Laurel Geiss
LA LUNE D’OPALE par ArieL I.S
UNE NOUNOU D’ENFER par Anaïs Mony

Mon avis :

Quatre histoires au ton foncièrement différent mais avec un point commun : elles sont centrées autour de la période d'Halloween.
De jolies variations sur le thème de la fête des déguisements et des surprises à la citrouille (ou sans) donc. 
La première histoire, narrée sur un ton girly et plein d'auto-dérision, manie avec brio humour et retournement de situation, avec en prime, derrière une ambiance légère, une réflexion bien sentie sur le poids de l'apparence.
La seconde nouvelle vous entraînera dans une ambiance de thriller, palpitante à souhait, avec une famille sans histoires qui sent une terrible menace se resserrer autour d'elle comme un étau. Jusqu'où cet acharnement se poursuivra-t-il ? La tension monte crescendo, pour notre plaisir.
Ensuite, vient un nouvelle fantastique, avec un brin de terreur, qui m'a rappelé les livres d'épouvante que je lisais dans ma jeunesse, frissonnant de plaisir. C'est frais, sympa, avec une chute surprenante !
Pour finir, une romance sensuelle autour d'une situation apriori banale mais qui va se révéler originale par le rôle attribué à chacun des protagonistes. Un bon moment feel-good avec un zeste d'érotisme.
En résumé, en octobre ou à tout autre moment de l'année, un recueil à découvrir !

Résurrection de Sherlock Holmes (Arthur Conan Doyle)

Résumé : 

Choisies parmi les enquêtes les plus remarquables de Sherlock Holmes par le fidèle Watson qui a été personnellement mêlé à la plupart d'entre elles, voici treize «affaires» captivantes qui mettent en lumière les facultés étonnantes du célèbre détective

Mon avis :

Un recueil fidèle à la série des Sherlock Holmes. On retrouve avec plaisir le génial détective au tempérament ombrageux, secondé par le fidèle Dr Watson. Vous pensiez avoir commis le méfait idéal ? Qu'il s'agisse d'un meurtre, d'un enlèvement, d'une manipulation, d'un vol ou autre, Holmes, lui, saura trouver le petit détail qui le mettra sur la piste de la vérité, à travers un objet déplacé, une tache presque invisible, une attitude trop parfaite, un décalage d'emploi du temps... Sa logique sans faille lui permet de faire le tri dans les hypothèses jusqu'à n'en garder qu'une : la bonne. Peu adroit dans les relations humaines, mais doté d'un esprit terriblement aiguisé, Sherlock Holmes fait trembler les criminels de tout poil ! 

Malveillance (Danielle Steel)

Résumé : 

Une jeune fille, profondément marquée par son passé, ne souhaite qu'une chose : qu'on la laisse tranquille.
Lorsque, seule au monde, Grace arrive à Chicago, personne ne connaît les terribles épreuves qu'elle a traversées. Grace ne recherche que le calme et l'oubli. Elle trouve un emploi de secrétaire et consacre tout son temps libre à une association caritative. Profondément blessée par un chagrin d'amour, Grace quitte Chicago pour New York. Là-bas, elle mène une vie sans histoires, jusqu'à cette nuit fatidique où elle est sauvagement agressée. Ce nouveau drame aura pourtant une conséquence heureuse : elle va découvrir l'amour. Le bonheur la libère enfin des fantômes de son lourd et douloureux passé. Apaisée et transfigurée, Grace se partage sans compter entre son époux, leurs enfants et l'association qu'elle a fondée. Mais son passé va brutalement resurgir, emportant sa famille dans une épouvantable tempête, faite de mensonges, de médisances et de scandales.

danielle steel

Mon avis :

Un avis mitigé pour ce roman. J'ai apprécié le début, avec la situation poignante de Grace, l'héroïne qui n'est alors qu'une enfant et qui subit les sévices les plus odieux de la part de ses parents, sévices décrits sans voyeurisme mais sans édulcorant non plus. Un engrenage terrible de mensonges, de honte et de culpabilité, qui vont la conduire, le jour où elle commettra l'irréparable pour se défendre, à se considérer elle-même comme coupable et à vouloir baisser les bras. Son lent parcours pour retrouver le respect d'elle-même et l'envie de se battre, la force qu'elle trouvera dans le soutien des rares (et premières !) personnes qui vont croire en elle, m'a convaincue. A travers l'expérience de la prison, elle se forge une nouvelle personnalité et repart dans l'existence avec un souhait : utiliser ce qu'elle a vécu pour aider les enfants qui souffrent. Un cheminement personnel intéressant qui aurait pu être davantage développé.
La suite du roman m'a plutôt ennuyée, j'avais le sentiment de passer d'un extrême à l'autre en oscillant entre la malveillance calculatrice de ses premières relations (on a quand même l'impression que presque tous les hommes qu'elle croise veulent la violer... ce qui me paraît un peu tiré par les cheveux), puis dans une histoire d'amour relavant du conte de fée où tout est rose, parfait, luxueux (on retrouve l'idée du "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants"). 
La fin du roman a rattrapé cependant mon attention défaillante en développant d'autres thèmes : comment le passé d'une personne peut la poursuivre toute sa vie, détruire ce qu'elle a construit, briser ses relations avec ses proches, ainsi que le pouvoir des médias et le poids d'une réputation quand on est une personne publique. Ce roman avait un bon sujet de départ à mon sens, mais qui aurait mérité un traitement un peu plus fin par moments et surtout des personnages moins manichéens. 

Un temps de chien (Cyrille AUDEBERT)

Résumé : 

Au cœur d’étranges évènements, les lieutenants Margot Baudor et Octave Billy enquêtent sur des cadavres horriblement mutilés. L’assassin est-il un dangereux psychopathe ou un animal de légende comme certains détails tendent à le prouver ? Entre mythologies celtes, crimes rituels et chasse à l’homme, une plongée dans un incroyable univers. 
"Un Temps de Chien" est la suite de "L’Évangile selon Jacques Lucas".

Mon avis :
Le démarrage nous met d'emblée dans l'ambiance avec des cadavres d’animaux qui semblent tomber du ciel, puis la découverte de corps humains démembrés entourés d'étranges empreintes... Simultanément, une mystérieuse femme blonde, dénudée, amnésique pour compliquer les choses, apparaît près du lieu du crime, comme surgie de nulle part.
 Très vite, un parallèle est fait avec des légendes de la mythologie celte. Les policiers, au demeurant des personnages sympathiques tourmentés par leurs amours compliquées voire impossibles, se trouvent fort démunis face à ces crimes.
 Un homme (mais est-ce vraiment un homme ?), Mac Cool, qui n’est pas sans évoquer un devin ou un barde des temps anciens, va aider le lieutenant Margot Baudor dans son enquête. Vieil irlandais très au fait des légendes et créatures mystérieuses, dont on devine qu’il est doté pour le moins de capacités hors normes, il va se révéler un appui précieux dans la traque à la « Bête ».
 Le décor est planté et on s’oriente peu à peu vers un suspect qui ne serait pas vraiment humain, mais pas tout à fait animal non plus. L’ambiance est au rendez-vous, mêlant polar, mythologie et surnaturel (cette dimension s’accentue au fil de l’histoire, sans jamais basculer dans le roman fantastique pur).
 Au-delà des dialogues ponctués de belles réparties et de traits d’humour, on retrouve aussi un questionnement en filigrane sur l’apparence.

 Un mélange des genres qui a séduit la lectrice férue de crimes mystérieux et de créatures mythologiques que je suis !