Retrouvez ici mes impressions sur mes dernières lectures


Le linceul de la peur (Angeline MONCEAUX)

Résumé : 

Un monstre peut parfois se cacher sous les traits d’un homme ou d’une femme.
Elle ou il se montrera attentionné, généreux, empathique, tendre, aimant.
Mais tout ne sera qu’une façade. Son vrai visage dévoilera un pervers qui insidieusement trouvera en vous une faille, la creusera et l’exploitera à son avantage pour mieux vous manipuler.
Vous vous retrouverez sous son emprise et deviendrez sa marionnette.
Il vous vampirisera, se nourrira de vos craintes, de vos peurs et de toutes vos émotions.
Vous ne serez plus que l’ombre de vous-même, jusqu’au jour du drame qui vous libérera ou qui vous tuera, car quoi qu’il en soit vous n’en sortirez pas indemne.
Si vous survivez, pourrez-vous vous reconstruire ? Je suis Evangeline, voici mon histoire…

Ressentez-vous une peur insoutenable au cœur de vos entrailles qui vous glace d’effroi ?
Éprouvez-vous un sentiment de honte si profond qu’il vous effraie plus que les coups reçus quotidiennement ?
Protégez-vous votre tortionnaire par crainte des représailles ?
Pensez-vous mériter cette maltraitance ?
Si tel est le cas, la faucheuse ne vous loupera pas si vous ne le quittez pas…
Je m’appelle Evangeline, je vais passer de vie à trépas si je ne lui échappe pas…

Mon avis :

Le sujet est grave, et terriblement d’actualité : les violences conjugales et l’emprise mise en place par un conjoint manipulateur.
Alors soit, c’est un roman, traité un peu comme un thriller avec une montée de tension et des rebondissements jusqu’à la fin (on découvre comment la manipulation s’est installée, suivie d’une emprise totale, puis c’est une véritable chasse pour retrouver la victime qui a osé s’enfuir), mais c’est aussi une forme de témoignage humain.
L’histoire est narrée selon les points de vue des différents personnages, mais elle fait la part belle à Evangeline, la victime dont on découvre les souffrances, les questionnement et les tentatives pour s’en sortir. Les chapitres dépeignant le point de vue de son conjoint violent sont rares mais révèlent la froideur implacable et le narcissisme absolu de l’individu.
Si la violence physique ou sexuelle est terrible et marque la chair, les pires dégâts sont psychologiques : la peur, la honte, les cauchemars, le traumatisme… Le chemin vers la reconstruction sera long et semé d’embuches, simplement pour s’apprécier de nouveau, se respecter, refaire confiance (aux autres mais à soi-même d’abord). On comprend l’importance du soutien des proches, des amis, de personnes ayant vécu des situations similaires. Impossible de s’en sortir seul(e), mais encore faut-il pouvoir appeler à l’aide.
Jamais pathétique, ni naïf, le ton est très juste, dur mais pudique. Et si cette histoire est un drame, elle porte aussi un message d’espoir et rappelle que dans ce genre de situation il n’y a qu’un seul responsable : la personne maltraitante.

La prairie (James Fenimore Cooper)

Résumé : 

La Prairie, l'un des meilleurs romans du cycle Bas-de-cuir, suite et fin du Dernier des Mohicans, nous entraîne dans les plaines de l'Ouest américain, à l'époque des pionniers, des convois, des et des attaques indiennes. Naitty Bumppo est maintenant un vieil homme qui erre dans la prairie, toujours accompagné de son chien Hector. Il croise sur son chemin un convoi d'émigrants qu'il sauve des Indiens ; c'est le début d'une longue série de péripéties... Fils de colon lui-même, James Fenimore Cooper a su rendre compte de la destinée de l'homme de la frontière et exprimer avec force le conflit entre nature et civilisation.

Mon avis :

J’avais lu « Le dernier des Mohicans », du même auteur, dans mon enfance, et comme j’en gardais de bons souvenirs, je me suis laissée tenter en voyant « La Prairie » dans une boîte à livres, il y a quelques semaines (au passage, l’idée de ces espaces de dépôt et d’emprunt libres de bouquins est vraiment chouette !).

Mais revenons à nos plaines du Far-West, car « la Prairie », c’est d’abord cela : le titre plante à merveille le décor, toute l’histoire se déroule dans les grands espaces herbeux de l’Amérique du Nord, à l’époque des pionniers de la conquête de l'Ouest. Une terre sauvage, indomptée, tantôt menaçante, tantôt protectrice si on sait s’y adapter et tirer partie de ses ressources.

C’est le cas des principaux protagonistes, dont celui qui est décrit comme le vieux chasseur (qui apparaît dans d’autres romans de James Fenimore Cooper) : homme à l’esprit pratique, doté de solides aptitudes à la survie du fait de son expérience. Des aptitudes qui seront mises à rude épreuve lors de cette aventure où sa route va croiser celle d’autres personnages, notamment Paul, « chasseur d’abeilles » et sa dulcinée, Hélène, apparentée à une famille de pionniers peu recommandable : le clan d’Ismaël Bush. Le patriarche règne sur sa nombreuse progéniture et impose sa loi, la famille paraît soudée au premier abord, mais le lecteur découvre rapidement que derrière cette façade se trament rancunes, trahisons et vengeances.

Il faut dire que dans ce Grand Ouest, pas question de régler ses affaires devant un tribunal : la loi du plus fort, ou du plus malin, l’emporte. Dans ce roman, il faut survivre, aussi bien aux éléments (feu de prairie) qu’aux bêtes sauvages (bisons) ou aux humains hostiles (je pense au personnage de Middleton dont la jeune épouse a été enlevée le soir même de leurs noces et qui n'a de cesse de la retrouver). Et n’oublions pas les Indiens, assez stéréotypés, il est vrai (le roman date du début du XIXè siècle), tour à tour alliés plein de courage et d’honneur, ou adversaires impitoyables et fourbes.

C’est un vrai roman d’aventure que nous offre James F. Cooper, avec son lot de crimes, d’attaques, d’alliances, de trahisons et d’amours contrariées. Sans oublier des passages comiques, notamment ceux centrés sur le docteur Battius, un scientifique qui paraît vivre dans son monde et devient franchement cocasse à certains moments, tant il pinaille, chipote pour des appellations scientifiques ou se renfrogne quand on menace de s’en prendre à son fidèle compagnon asinus.

Pour conclure, je dirais que malgré quelques passages un peu longs à mon goût, j’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture.

Puis-je vous ajouter dans mes amis ? 

(Jean-Philippe LUX)

Résumé : 

Imaginez, vous rentrez d’un voyage d’affaires. La gare est bondée et vous attendez un coup de fil important. Alors que vous dépassez tout le monde, vous croisez une jeune femme aux charmes fous. C’est ce que va vivre Cédric dans ce livre. Une histoire qui va irrémédiablement marquer la vie du jeune homme...

Mon avis :

Un livre à lire d'une traite ! Le format est assez court et la tension monte rapidement... Impossible de s'arrêter à la fin d'un chapitre. Jean-Philippe Lux écrit aussi bien de la romance que du suspense ou du thriller et, dans cette histoire, c'est un superbe condensé de ces genres, au départ si différents, qui s'associent ici en une aventure où la séduction et la manipulation s'entremêlent.
Le début pourrait être celui d'une romance, avec une rencontre qui semble fortuite, une prise de contact, peut-être un peu directe, mais tout va si vite entre les humains à l'ère du 3.0... Par une alternance de chapitres sur ce que vit Cédric, le héros qui veut croire à son histoire féérique, et d'autres dédiés aux impressions d'une tierce personne dont on devine le machiavélisme sans toutefois connaître son identité, on comprend que tout ne sera pas rose. 
Mais qui manipule qui ? Certains sentiments sont-ils réels ? Dans quelle histoire Cédric s'est-il retrouvé embarqué et surtout, quelle sera son issue ?
Mystère, retournements de situation, amour, sensualité vous attendent dans ce roman qui vous fera peut-être hésiter à accepter la prochaine "demande en ami" que vous recevrez !

L'écharde (Didier BETMALLE)

Résumé : 

Sous la forme d’un échange imaginaire entre un jeune homme et sa mère morte, l’auteur dépeint les affres d'un fils bouleversé par le suicide de sa mère.
Quelques années après le drame, son trouble est toujours aussi profond et ses émotions difficiles à assumer, puisqu'il se trouve déchiré entre haine et amour, tendresse et révolte.
Il redoute de porter dans ses gènes le désordre psychique dont a souffert sa mère et de le transmettre à sa descendance. Cette menace complique sa vie amoureuse et en ternit l’horizon.
Pour fuir ses obsessions il se jette corps et âme tantôt dans un projet professionnel, tantôt dans le sexe ; mais l’échange régulier qu’il entretient avec sa mère dans le double but de régler ses comptes et de ranimer entre eux des étincelles de petits bonheurs, le conduit à plonger toujours plus loin dans les racines de son mal être.
Malgré ses efforts pour s’en dégager il se laisse prendre dans une spirale qui le mène vers un « suave déclin ».
Une somatisation très spectaculaire va lui permettre de sortir de cette crise existentielle.
Entre autobiographie et fiction, écrit sur un ton très vif, irrévérencieux parfois jusqu’à l’insulte, ce récit de vie est tout à la fois accusation et réhabilitation et une émouvante déclaration d’amour.

Mon avis :

Il est difficile de savoir par où commencer le retour de lecture sur ce livre coup de poing. Peut-être justement parce qu’il y a tellement à dire… Je vais faire le choix de la simplicité et amorcer mon propos en plantant le décor : tout débute par le suicide de la mère du narrateur, dépeint avec une froideur et une distance qui m’ont rappelé « L’étranger » de Camus. Une mort brutale, violente, qui devient l’occasion pour le narrateur, dont on ignore d’ailleurs le prénom (un peu comme s’il n’avait pas d’identité propre et n’était que le fils d’Edgar et Alice), de faire un retour sur son passé et son rapport à sa mère.
Remontant dans les souvenirs d’enfance, puis d’adolescence et de vie adulte, il explore et analyse les questions relatives à son identité, sa sexualité, son rapport aux femmes, un peu comme une auto-psychanalyse. Ses descriptions de sa mère, une femme instable et cyclothymique, laissent deviner de nombreux non-dits, des questions sans réponse, et une rancœur profonde. Peut-être, justement, parce qu’il attendait tant de la « mère » fantasmée et qu’Alice s’est révélée décevante à bien des points de vue.
Ses souvenirs de jeunesse les plus tendres et les plus heureux se déroulent pour la plupart à l’extérieur, dans le jardin familial, lors de moments simples avec son père. Nostalgie d’un paradis perdu, à peine entrevu ?
 
Très sensible, doté d’un esprit torturé (héritage maternel sans doute, comme il le proclame), le narrateur cherche une forme de beauté, un sens à la vie, à travers l’art sous diverses formes, du cinéma à la peinture, en passant par des jeux sur les mots. L’attirance pour la mort, le dégoût de la vie, l’appétit sexuel s’entremêlent au fur et à mesure qu’il expulse ce qu’il a sur le cœur : ce qui devait être une libération devient une rumination, une détestation de l’autre, de sa mère, et de lui-même.
Même morte, Alice vit encore en lui. Plus qu’une délivrance, le narrateur vit finalement son suicide comme un abandon. L’amour et la haine viscérales se mêlent. L’homme se venge, avec des mots, parle à l’absente, cherche à l’atteindre par le biais de ce qui l’aurait blessée, allant jusqu’aux insultes les plus crues.
 
Au fil des pages, le narrateur chute dans la déchéance, l’autodestruction. Le texte devient plus rapide, très brut, davantage axé sur les ressentis, moins dans l’analyse rationnelle. La douleur physique succède à la souffrance morale avec la superbe métaphore de cette fameuse écharde, entrée dans son pied trente ans avant, qui ressort d’une manière particulièrement douloureuse et inattendue, expulsant avec elle les tourments qu’il a connus pendant ces années. Comme libéré, le narrateur retrouve ensuite une analyse et un discours plus cohérents : « Je suis seul, devant le monde et la vie. Je suis seul, responsable de tout ce qui m’arrive. »
Il vit enfin, pour lui, par lui, décidant de se désolidariser de sa mère et de ses pulsions de mort, d’être lui-même et de pleurer les disparus (son père). Il recréé aussi une filiation, cette fois dans le rôle du géniteur, élément capital de son identité : c’est une question de survie pour lui. Le texte se clôt sur un très beau poème en guise d’hommage. La vie triomphe.

L'évangile selon Jacques Lucas (Cyrille AUDEBERT)

Résumé : 

"Jusqu’à ce jour, j’avais une idée assez précise de ce que pouvait être le bonheur : un appart dans un quartier chic, des toiles vendues à prix d’or avant même d'avoir été peintes, et Mélodie... Mélodie, le modèle que je rêvais depuis toujours de serrer dans mes bras, et qui venait de me rouler la pelle de ma vie…
Ouais, c’était sûrement ça, le bonheur.
Y avait bien cette « Ombre » au tableau, celle qui avait entrepris de nettoyer la ville de ses clochards d’origine maghrébine, mais c’était tellement loin d’ici, dans les rues sombres…
Et puis, ce matin-là, en rentrant, j’ai trouvé cet attroupement devant mon immeuble, et tous ces flics chez moi, à l’étage… C’est là que le cauchemar a commencé, et que les souvenirs de ma vie d’avant ont refait surface.
Et si l’assassin, c’était tout simplement moi, David Huxley…"

Mon avis :

Je commencerai par le style de l'écriture, que j'ai vraiment apprécié : travaillé tout en restant fluide, de belles tournures maîtrisées, des dialogues truculents.

Le fond n'est pas en reste cependant avec une galerie de personnages un brin loufoques pour la plupart, mais aussi terriblement humains : de la boulangère un tantinet nymphomane au malheureux David Huxley qui ne sait plus où donner de la tête entre la sensuelle Mélodie et l'amoureuse transie Margot Baudor. Petit détail : la belle Margot est aussi lieutenant de police. Ce qui tombe plutôt bien dans le contexte de l'histoire : une série de meurtres, ciblant des personnes d'origine méditerranéenne. Dans l'immeuble de David, c'est un chassé-croisé de suspects et d'enquêteurs qui se met en place, donnant lieu à des échanges piquants pour le plus grand plaisir du lecteur.

De découvertes en révélations, d'enlèvements en manipulations, David Huxley va devoir s'extirper de ce bourbier, tout en renouant avec un passé dont il se serait justement... bien passé !

Une touche de tragique avec les crimes, une touche de tendresse aussi car, face à cette ribambelle de personnages féminins irrésistibles et conscients de l'être, la gent masculine semble bien vulnérable, aux prises avec les tourments de l'amour et du désir qui pourraient bien obscurcir sa raison... A moins que l'amour ne pousse certains à se surpasser ?

L'Egypte des grands pharaons (Christian JACQ)

Résumé : 

Kheops, Sésostris, Hatshepsout, Thoutmosis, Amenhotep, Akhenaton, Toutankhamon, Ramsès, Cléopâtre...
 Autant de noms à la fois lointains et proches, autant de noms qui évoquent la civilisation des pharaons et la longue lignée des dynasties. Par cette galerie de portraits, qui est aussi une approche de la fascinante aventure historique des monarques qui régnèrent sur la Haute et la Basse Égypte, Christian Jacq nous convie à découvrir la réalité et la légende. Réalité, car l'abondance des textes égyptiens permet d'établir un certain nombre de jalons: mais aussi légende, car l'Égypte, refusant de s'inscrire dans l'histoire événementielle, a délibérément opté pour l'éternité de Pharaon, lien entre le ciel et la terre, entre les dieux et les hommes.

Mon avis :

Passionnée d’Egypte antique, je n’avais pas encore eu l’occasion de me plonger dans ce livre, écrit par le célèbre Christian Jacq, docteur en égyptologie et auteur bien connu de romans historiques et de livres d’histoire. Un homme qui est parvenu à mêler ses deux passions : l’égyptologie et l’écriture, tout en facilitant l’accès au grand public à des connaissances jusque-là réservées aux spécialistes.
 
Cet ouvrage, qui s’apparente à un livre d’histoire, retrace dans l’ordre chronologique les règnes des principaux pharaons d’Egypte. En parallèle des faits politiques et des anecdotes sur les dynasties, le lecteur découvre l’évolution économique, culturelle et sociale de l’Egypte antique au fil des siècles.
Du rôle du pharaon, véritable dieu sur Terre, aux réalisations architecturales, c’est une véritable plongée dans la pensée et la culture, empreintes de spiritualité, de l’Egypte antique, que nous offre ici Christian Jacq.

La passion de l'auteur pour cette riche civilisation fait de ce livre un moyen de découvrir ou d'approfondir ses connaissances en la matière, sans jamais avoir l'impression de suivre un enseignement "scolaire". Détaillé tout en restant accessible, cet ouvrage passionnera les amoureux de l’ancienne Egypte.

Mortelle symphonie (Florence JOUNIAUX)

Résumé : 

Le corps d’une jeune femme est retrouvé à la morgue de la faculté de médecine de Lyon, la gorge béante. Le lieutenant Léa Déage et son équipier sont chargés de l’enquête. Malheureusement, sans aucune piste, celle-ci piétine. Mais c’est sans compter sur la persévérance de cette jeune flic, qui élargit ses recherches et découvre qu’un meurtre similaire a été commis à Londres. Dès lors, elle n’a de cesse de traquer le tueur… Jusqu’où ses investigations la mèneront-elle ?

Mon avis :

Je connaissais la plume de Florence Jouniaux par ses romans fantastiques, c’est avec plaisir et curiosité que je me suis plongée dans son premier polar. Sombre, car il est question de crimes sur des jeunes femmes perpétrés avec un mode opératoire violent, mais jamais glauque ni complètement noir. 
L’accent est mis sur la personnalité des protagonistes, particulièrement intéressante, notamment celle de l’enquêtrice, le lieutenant Léa Déage, sujette à des cauchemars récurrents qui pourraient bien avoir un lien avec l’enquête. A moins qu’il ne s’agisse de souvenirs enfouis ? Je ne vous en dévoilerai pas davantage sur ce point.
Sachez seulement que les indices sont distillés au fil des pages, avec à l’appui des paragraphes où l’on découvre le point de vue du meurtrier, sans toutefois connaître son identité. En résumé : ce qu’il faut pour ménager le suspense et faire participer le lecteur à l’enquête !
Pas de super-héros ni de tueurs déshumanisés agissant gratuitement dans cette histoire, les protagonistes sont, comme dans les autres romans de cette autrice, profondément humains, tous attachants à leur manière. Leur vie quotidienne s’entremêle avec l’enquête, rappelant au passage qu’il n’y a parfois qu’un pas qui sépare la victime du criminel et que certaines situations peuvent conduire les individus à franchir leurs ultimes barrières morales.

Dans l'ombre du Crépuscule (Christian CANELLA)

Résumé : 

Quand Jack et Claudia se rencontrent, c’est l'amour fou. Mais leur chemin va croiser celui de Jean-Luc, le Guru de la Secte du "Crépuscule", qui va subjuguer Claudia et l'entraîner dans ses perversions. Bien des années plus tard, Jack retrouve Claudia par hasard, alors qu’elle semble vouloir fuir Jean-Luc. Il la recueille chez lui et la protège. Il va bientôt comprendre qu’il est le jouet du couple diabolique et qu'il a réalisé, pour eux, un code informatique capable d’enrayer l’économie mondiale et de donner les pleins pouvoirs à la Secte. Il n'aura alors de cesse d'empêcher leur plan machiavélique de se réaliser, quitte à se rendre coupable lui-même de piratage, de vol ou même de meurtre.

À la poursuite de Jack, l'intègre Commissaire Lanvin aura fort à faire dans cette histoire où les pistes ont été soigneusement effacées. La Secte fera pression sur son enquête et le mettra face à un dilemme : arrêter Jack afin qu’il soit jugé pour ses crimes, ou le livrer à la Secte pour qu'elle épargne sa femme.

« Dans l’ombre du Crépuscule » est le premier tome d’une histoire qui emmène le lecteur au cœur d’un complot dirigé par une secte de fous furieux, prêts à prendre le contrôle du monde et de nos vies. C’est surtout l’aventure de deux hommes et deux femmes qui s’aiment, se cherchent et se déchirent, entraînés dans le tourbillon des événements, et qui vont devoir se surpasser pour empêcher l’humanité de sombrer dans le chaos. Leur amour pourra-t-il survivre à toutes ces épreuves ?

Mon avis :

Telle une ombre tentaculaire, la secte du "Crépuscule" se répand partout, aussi bien au moyen d'un virus informatique que par la manipulation des individus dans leur famille, au travail, et au sein même de la police.
Conduite par un homme assoiffé de pouvoir et dépourvu de tout remords, l'organisation diabolique pourrait anéantir le monde que nous connaissons.

Face à cet ennemi qui fait écho à plusieurs de nos grandes peurs modernes (l'idéologie extrémiste, le piratage informatique, entre autres), le commissaire Jules Lanvin tente de trouver des réponses. Ce policier se trouve doublement impliqué dans ce dossier : d'abord via son travail car il enquête sur ce qui paraît être un meurtre lié à la secte, mais bien vite il devient également concerné à titre personnel. L'homme ressurgit, prenant parfois le pas sur le policier, et le personnage n'en est que plus attachant et plus réaliste. Dans sa quête de justice, Lanvin a négligé sa vie privée au fil des années... Tient-il ici la possibilité de rattraper ses erreurs passées ou bien ne risque-t-il pas de retomber dans ses travers ? Une chose est certaine, ses certitudes sont remises en question.

La puissance de la secte est dépeinte de manière terrifiante mais terriblement juste : son emprise sur ses adeptes se fait par la menace, la fascination, la manipulation. Face à de tels moyens, qui pourra lui résister ? Les situations personnelles s'entremêlent avec l'enquête, provoquant alliances et trahisons, réconciliations et ruptures. Les échanges verbaux entre les protagonistes sont forts, percutants. Ils traduisent les émotions complexes de ces individus qui se trouvent confrontés à des choix opposant leurs proches au reste de l'humanité. Iront-ils jusqu'à sacrifier ceux qu'ils aiment pour tenter d'anéantir la secte ? Car il est aussi question d'amour dans ce roman, de sa fragilité, de son érosion, de son pouvoir dévastateur quand il sert d'arme ou d'outil de manipulation.

Les rebondissements et retournements de situation sont multiples et maintiennent éveillé tout au long de l'histoire l'intérêt du lecteur, qui ne sait plus à qui il peut se fier. On découvre entre les personnages des liens insoupçonnés au départ. Des liens qui vont peut-être compliquer leur collaboration, ou les pousser à changer de camp ? A vous de le découvrir en lisant ce roman qui n'est que le premier opus d'une trilogie  prometteuse.

K144 (Alexis GIACOMUZZI)

Résumé : 

« Ce que je redoutais est confirmé. Il s'est produit une catastrophe. J'ai parcouru le quartier de long en large. C'est partout le même spectacle. Les rues sont désertes. Les maisons vides. Les véhicules ont été abandonnés au milieu de la route »

Posté devant son domicile, Fred ne veut pas y croire. Pourtant, l’enfer qu’il a sous les yeux est bien réel. Il se dessine en lambeaux, entre les habitations abandonnées et les dépôts de sable noir qui tapissent les rues.
Que s’est-il produit ? Il aimerait en parler à sa femme, mais elle a disparu. Il aimerait trouver un ami, un voisin, de la famille, mais il est seul.
Il ne le restera pas longtemps.
Bientôt, il comprendra qu’il n’aurait jamais dû survivre au désastre qui vient de se produire. 
Bientôt, il devra fuir pour sauver sa peau.
Bientôt, il comprendra que l’enfer de ce monde, trouve son origine dans le passé de sa propre existence. 


Mon avis :

Un futur apocalyptique. Un projet médico-idéologique. Une catastrophe tout sauf naturelle.

Déjà vu, croyez-vous ? Pas comme ça ! Ce thriller de science-fiction entraîne le lecteur dans un avenir pas si lointain où un individu a priori lambda, Fred, se réveille un matin pour découvrir qu’il est (presque) seul au monde. La réalité s’avère, il va le découvrir, nettement plus complexe. Survivants, scientifiques, gourous, cobayes : nombreux sont les humains qui vont finalement se croiser au fil des pages, s’opposant ou s’épaulant, révélant des rôles ou des identités soigneusement dissimulés au départ.
On oscille avec délices entre survivalisme, science-fiction, action et espionnage avec de nombreux rebondissements jusqu’au point final. L’originalité est là, les personnages sont complexes, et les thèmes de réflexion nombreux.
Tandis que certains chapitres se focalisent sur le présent, d’autres sont consacrés aux événements ayant précédé la « catastrophe », permettant ainsi de comprendre peu à peu l’ampleur du projet mis sur pied. Les péripéties vécues dans le présent par les différents protagonistes en deviennent d’autant plus angoissantes.
Pour ne rien gâcher, le style est très agréable, travaillé, tout en restant fluide. La description des lieux et des scènes est précise, visuelle, presque cinématographique.
Bref, un vrai coup de cœur pour ce K144 ! 


Un dans trois (S.A. STEEMAN)

Résumé : 

Soient deux points a et b de la trajectoire d'une balle. Sachant que le point a se trouve dans le mur de la chambre à 60 centimètres du plancher et le point b dans le dossier du fauteuil à 1 mètre 20, tracez une oblique jusqu'à la verticale d'explosion. Cette dernière étant située à 5 mètres de la victime, qu'en concluez-vous ? Et quelle est la taille de l'assassin ? Ah, évidemment, ce casse-tête laisse ces messieurs du Parquet baba. D'autant que la solution est troublante. Jugez plutôt : il est mathématiquement démontré que l'assassin mesure 2 mètres 40. Un peu grand, non ? A moins de dénicher dans le secteur un géant. Ou un monstre qui aurait eu une excellente raison de tuer le Dr Nepper...

Mon avis :

Encore un polar que je découvre, grâce à une récupération en "boîte à lire". Le nom ne me disait rien, pourtant c'est bien l'auteur du célèbre polar "L'assassin habite au 21" qui signe ici une enquête où chaque piste semble mener à une impasse... Ambiance façon "Mystère de la chambre jaune" avec une victime assassinée dans une pièce fermée. Enfin, pas tout à fait, car la fenêtre était ouverte. Ne reste donc qu'à calculer la trajectoire, l'angle de tir, pour avoir la taille de l'assassin... Le mystérieux Saint-Phal, arrivé, inopinément (?) dans la villa la veille du crime, mène l'enquête, avec un œil aussi exercé que Sherlock Holmes quand il s'agit de relever le moindre détail ou de tirer des conclusions logiques et mathématiques. Enquête, énigmes, suspects, fausses pistes... Les masques tombent et des secrets peu avouables sont révélés au fil des pages. Il faudra néanmoins plusieurs crimes pour que le coupable soit démasqué. Je n'en dis pas plus, j'ai l'impression d'en avoir suffisamment dévoilé !

Sauvetage vers l'enfer (Jean-Philippe LUX)

Résumé : 

Mélanie et Damien vivent à cent à l’heure. Ils ont rarement le temps de souffler tant leur travail est exigeant. Bien loin de toutes ces préoccupations, leur fille, Charlotte, âgée de huit ans. Tout ce qui compte pour elle, c’est de pouvoir aider les autres. Alors qu’ils décident de lever le pied le temps d’un week-end prolongé, Charlotte n’hésite pas à secourir une adorable petite boule de poils d’une mort atroce. À cet instant, elle est loin d’imaginer que cet acte, d’une grande générosité, va les amener, elle et ses parents, à côtoyer un milieu qu’ils n’auraient jamais dû fréquenter. Leur vie de famille, si bien huilée, ne sera alors plus jamais la même…

Mon avis :

Je connaissais la plume de Jean-Philippe Lux dans un autre registre, celui de la romance mêlée de suspense dramatique. Eh bien, en matière de thriller, il ne m'a pas déçue ! Avec "Sauvetage vers l'enfer", on plonge avec plaisir dans cette aventure qui débute par ce qui pourrait être un fait divers : une fillette, Charlotte, repère un chien abandonné et incite ses parents à aller le rendre à ses maîtres. Sauf que... La famille va se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. 
Sur la forme, j'ai trouvé très intéressant de consacrer un chapitre à un personnage, en alternance, ce qui permet de varier les ambiances, et de jongler entre chaleur familiale et violence froide, selon le protagoniste mis en avant dans ledit chapitre. Chaque atmosphère, de la plus douce à la plus sombre, est très bien rendue et renforce le contraste entre les univers dans lesquels les personnages évoluent. 
Autour d'une trame commune, les chemins des différents personnages se croisent et les révélations sont multiples. Impossible de réaliser une analyse approfondie des héros sans spoiler l'histoire, mais je soulignerai tout de même quelques éléments : l'opposition entre deux personnages féminins très forts que sont la jeune Charlotte, pure, innocente, éprise de justice, et la froide et implacable Médusa. 
Les scènes d'action sont très visuelles, parfaitement décrites, et le suspense m'a entraînée sans peine jusqu'à la fin de l'histoire et les dernières révélations. Un thriller à savourer du début à la fin !

La France des légendes (Paccalet & Fautré)

Résumé : 

Les légendes... Le fantastique, les délires, les élucubrations, les dérapages de l'esprit. 
 Les envolées de l'imagination... L'hiver, il fait nuit. Grand froid : la neige crisse sous les souliers. La pleine lune sème des reflets blafards sur les glaciers. Les pics se détachent contre le ciel obscur : on dirait des géants. Le conte est déjà là. L'esprit du bizarre ulule entre les poutres d'un toit : et personne ne relève que c'est une chouette. Un chat noir fait briller ses yeux verts et voici les prunelles du diable. Le vent remue une porte de grange dont la chaîne de cadenas grince : et c'est un fantôme. 
 Nos légendes de France... Dans chaque contrée ou province, des générations successives les ont modifiées, coupées, allongées, embellies ou rebâties. Sans les changer au fond... Nos légendes dérivent de l'âme rurale et de l'odeur bovine. Elles ont une fragrance de pain noir. Elles sonnent comme la cloche au clocher tantôt le tocsin et tantôt l'allégresse. Elles sortent, pour ainsi dire, directement des troupeaux et des champs avec un peu de magie, des naïvetés religieuses, des savoirs élémentaires et une dose de poésie. Elles ont le goût, la texture, l'apparence du lait et de l'orge, de la laine et du bois. Elles n'auraient jamais existé sans la chèvre, le chien, le jambon qui sèche au grenier, le fromage et le vin qui s'affinent à la cave, le légume au potager, le fruit au verger et l'eau pure qui jaillit à la fontaine comme une chevelure de Mélusine.

Mon avis :

« La France des légendes » fait partie de ces livres qui procurent autant de plaisir à celui qui les feuillette qu’à celui qui les lit en détail.
Richement illustré de nombreuses photos en pleines pages, il présente quelques uns des mythes et légendes attachés aux différentes régions françaises et offre une belle mise en avant du patrimoine si vaste de notre beau pays, qu’il s’agisse de sites naturels, de ruines historiques, ou de terroirs dans leur ensemble.
A travers ces légendes, l’esprit du lecteur s’évade, allant de forêts profondes peuplées d’enchanteurs aux chaos rocheux rappelant qu’en des temps immémoriaux, une malédiction s’est abattue sur un village ou une contrée.
Chaque récit de légende est ancré dans une région, ponctué d’éléments relatifs à l’histoire des lieux, au contexte géologique ou géographique, proposant ainsi des éléments qui, pour les irréductibles cartésiens, offrent des pistes d’analyses sur le « pourquoi du comment ». Pas d’inquiétude cependant pour les lecteurs qui veulent rêver avant tout, en quelques mots un brin ironiques, l’auteur rappelle que pour ces sites atypiques, le mystérieux et le surnaturel priment sur les explications rationnelles.
Les légendes, c’est un peu comme le Père Noël : il faut y croire pour que cela fonctionne. Et celles présentées dans cet ouvrage n’y font pas exception, si vous n’êtes pas encore tout à fait prêt à lâcher vos certitudes rationnelles, absorbez-vous donc dans une des magnifiques photos : au fond d’une forêt brumeuse, ne devinez-vous pas un cercle de fées ? C’est là toute la force et la beauté de l’imaginaire.

Mémoires (Farah Pahlavi)

Résumé : 

"Le chagrin me broie le coeur, intense, intact, quand je me remémore ce matin de janvier 1979. Un silence angoissant s'était abattu sur Téhéran, comme si notre capitale, à feu et à sang depuis des mois, retenait soudain son souffle. Ce 16 janvier nous partions..."
 Et pourtant, l'histoire avait commencé comme un conte de fées. À vingt et un ans, Fàrah Diba épouse Mohammad Reza Shâh Pahlavi. La vie de cette jeune fille bascule en l'espace dé quelques mois, elle est sacrée impératrice, elle apparaît dans la presse du monde entier... Tout en donnant naissance à quatre enfants, la jeune reine assume son nouveau rôle avec beaucoup d'humanité, s'engageant dans de nombreuses actions sociales et culturelles.
 Vingt ans plus tard, la gloire se transforme en cauchemar : manifestations, émeutes, et le départ précipité du Shâh, déjà gravement malade, exilé à jamais sans trouver de refuge, errant des Bahamas au Mexique, caché un temps dans un hôpital new-yorkais, avant de trouver celui qui aura le courage de les recueillir, le président Anouar el-Sadate — lui-même assassiné par les intégristes un an et demi plus tard.
 Pour la première fois, la Shahbanou Farah, épouse du dernier empereur d'Iran, rompt le silence.

Mon avis :

C’est avant tout un témoignage personnel, que j’ai découvert par curiosité, ne connaissant que très vaguement cette période de l’Histoire (la chute du Shah, c’est-à-dire du roi d’Iran, renversé par le régime religieux des ayatollahs à la fin des années 70).
Farah Pahlavi, troisième épouse du Shah et mère de son fils héritier, nous livre ici un récit de ses souvenirs, depuis son enfance jusqu’à sa rencontre avec le roi, leur mariage, les années de règne, puis la chute du régime, la fuite à l’étranger, de pays en pays, et pour finir la maladie qui a emporté son époux.
Il serait absurde de chercher à entamer un débat politique sur la situation en Iran à l’époque de la royauté à partir du témoignage d’une femme qui, de par son rôle, fut directement concernée par les évènements (de plus, elle le dit elle-même, elle était issue d’un milieu aisé favorable à la monarchie). Néanmoins, ces "Mémoires" nous offrent un point de vue, et c’est ainsi que je l’ai considéré pendant toute la lecture. Un hommage aussi, à la culture iranienne, riche et ancienne, et une déclaration d’amour à un peuple dont Farah Pahlavi est fière de faire partie.
Au fil des pages nous sont livrées des anecdotes sur la difficulté à prendre des fonctions royales quand rien ne vous y avait préparé, ce qui fut apparemment le cas de Farah Pahlavi qui se destinait à devenir architecte (elle a d’ailleurs fait une partie de ses études en France). C’est aussi un témoignage du délicat équilibre à construire entre une vie de famille (le couple a eu quatre enfants) et les responsabilités liées au rang, entre représentations publiques, investissement dans des actions « humanitaires », participation aux rencontres avec d’autres chefs d’Etat. 
J’ai trouvé la dernière partie développant avec force détails médicaux la dégradation de la santé du Shah, alors en exil, un peu trop longue, même si l’aspect politique n’est pas dénué d’intérêt (on voit notamment comment les portes se sont fermées à lui dans différents pays jadis « alliés », du fait d’évolutions politiques). Dans l’ensemble, malgré le parti pris évident de mettre en avant l’action positive du Shah pour développer son pays, cet ouvrage demeure un témoignage intéressant et humain, où se mêlent l’histoire personnelle et l’Histoire avec un grand « H ».

Le mystère de Noël (Mary et Carol Higgings Clark)

Résumé : 

160 millions de dollars! Un cadeau de Noël inespéré pour les employés du supermarché de Branscombe qui ont décroché le billet gagnant. De quoi bouleverser la vie de la petite ville et exciter la convoitise d'escrocs prêts à tout pour détrousser les gens trop crédules... 
 Heureusement, en vacances dans ce coin pittoresque du New Hampshire, Alvirah Meehan et le détective Regan Reilly, les héroïnes préférées de Mary et Carol Higgins Clark, vont prendre l'affaire en main. 

Mon avis :

  

Dans ce premier roman co-écrit par les Clark mère et fille que je lis, on
 oscille entre suspense et feel-good avec un parfum de Noël. 
Tout commence avec un cadeau miraculeux qui tombe du ciel pour un groupe d’employés de supermarché qui viennent de se voir supprimer leur prime de Noël : grâce à un gain de loterie, les voilà millionnaires ! Seulement, tout ne peut pas être si simple… 
Deux arnaqueurs peu scrupuleux, qui ont déjà escroqué l’un des employés, vont eux aussi se retrouver en possession d’un billet gagnant… S’en suivront des péripéties qui flirtent avec le polar, entre disparitions, menaces et mystère. L’appât du gain conduira-t-il certains jusqu’au meurtre ? 
En parallèle, une histoire d’amour (un brin fleur bleue mais tout de même compliquée comme il se doit) se mêle à l’aventure. Les personnages se croisent, se reconnaissent, voient ressurgir de vieilles énigmes… On ira même jusqu’à élucider un meurtre commis des années auparavant grâce à un simple bijou. 
Une lecture agréable, sans prise de tête, jamais sombre mais parfois franchement amusante. On sent dès le départ que tout se finira bien, certains « méchants » ne sont pas dépourvus de remords et les personnages positifs regorgent de bons sentiments. Pour une lecture de Noël, légère et positive, il ne faut pas bouder son plaisir, d’autant que le rythme est bien mené et que les pages se tournent toutes seules. 
Mention spéciale aux personnages secondaires de « La Mouffette », mégère calculatrice à souhait, et de l’ex-mari Harvey, tellement rancunier et avide de passer pour une victime qu’il en devient comique, ainsi qu’au petit salon de thé tenu par la chaleureuse Betty qui va se révéler un peu plus complexe qu’une simple pension de famille.
Si vous pensez avoir tout deviné dès les premières pages, attention, vous pourriez bien vous faire surprendre par ce roman qui mélange les genres avec succès ! 

 

Expiation (Patricia Macdonald)


Résumé : 

Injustement accusée du meurtre de son amant, Maggie sort de prison après douze années de souffrances, bien décidée à refaire sa vie, dans la petite ville de Nouvelle-Angleterre où elle a trouvé un emploi de journaliste.
 Mais si un amour naissant lui rend l'espoir, elle doit bientôt affronter l'hostilité des habitants, la suspicion de ses collègues et, surtout, les agissements d'un ennemi secret, qui semble tout connaître de son passé et la poursuivre d'une haine inexpiable.

Mon avis :

  

C’est une île qui sert de cadre à cet intéressant thriller : le lieu idéal pour un huis clos, surtout quand, comme de bien entendu, la météo interrompt les liaisons par bateau avec le continent au moment critique…

Le personnage central, Maggie, a connu une existence tourmentée depuis l’enfance, entre un père incestueux et une mère qui ne l’aime pas, auxquels s’ajoutent une « bonne sœur », très liée à sa mère, mais qui n’a de « bonne » que le nom.
Ajoutons à cela une accusation de meurtre, fausse selon Maggie, sur la personne de son amant, Roger, un homme marié, alors que Maggie n’était qu’une toute jeune femme. S’en sont suivies des années de prison et de sévères séquelles psychologiques.
Le ton est donné, on comprend mieux la méfiance de l’héroïne et sa difficulté à se lier avec les autres, obnubilée qu’elle est par la crainte que l’on découvre son passé… Mais voilà, sur l’île où elle trouve un emploi, les « étrangers » ne sont pas forcément bien vus. Alors quand une intrigue amoureuse suscitant des jalousies se met en place, on devine que Maggie va au-devant de graves problèmes.
L’ambiance est assez sombre, avec des passages très noirs (les animaux et les personnes fragilisées font les frais de la cruauté humaine avec des descriptions sans complaisance) et des moments de suspense confinant à l’angoisse où le lecteur s’interroge : Maggie est-elle réellement persécutée jusque chez elle ou sombre-t-elle peu à peu dans la paranoïa ?
On sent venir l’identité du coupable assez rapidement et celle-ci est finalement révélée bien avant la fin, laissant la place à un suspense psychologique bien mené : jusqu’où la vengeance pourra-t-elle aller ?
Malgré une héroïne que j’ai trouvée parfois agaçante avec ses comportements puérils ou naïfs (surtout au vu de son passé), j’ai aimé le traitement des thèmes de la rédemption, du poids du passé, de la culpabilité et de la vengeance qui balaye tout jusqu’à la folie.

 

L'expédition de la dernière chance (G & L Salisbury)


Résumé : 

1925, Nome, Alaska. Un des lieux les plus reculés au monde. Une épidémie de diphtérie menace la vie des habitants, et plus particulièrement celle des enfants. Le seul sérum disponible est à 1000 km. Franchissant montagnes, rivières gelées, plateaux désertiques, par une température de -50ºC, plusieurs « mushers » et leurs attelages menés par des chiens, dont le célèbre Balto, vont se relayer jour et nuit pour atteindre la ville à temps. Dans des conditions extrêmes, ces hommes et ces bêtes vont accomplir un exploit jamais égalé. Devenu le symbole de cette expédition légendaire, Balto est immortalisé par une statue au coeur de Central Park à New York. Récit passionnant d'une aventure où le courage, la loyauté et l'intelligence de l'animal n'ont rien à envier à l'ingéniosité et l'acharnement de l'homme, ce document exceptionnel retrace, pour la première fois, l'une des plus grandes épopées arctiques du XXe siècle.

Mon avis :

  

Ce pourrait presque être un roman d’aventure… Finalement, c’est un récit, basé sur des faits réels et fruit des recherches de deux auteurs. L’histoire ? Une course de chiens de traîneaux, en relais, dans l’Alaska des années 1920, sur fond d’épidémie de diphtérie. Pas de « prix » à remporter, mais la nécessité d’apporter au plus vite les doses de sérum qui pourront sauver des vies dans une petite ville isolée du reste du monde par les neiges et la glace.
A travers les différents chapitres, c’est toute l’histoire de cette petite ville de Nome, de sa construction, de son fonctionnement, de ses habitants, qui est relatée. C’est aussi la vie des hommes et des femmes, portés par l’esprit pionnier, qui ont occupé ces territoires inhospitaliers du Grand Nord.

Un mode de vie où les chiens de traîneaux sont omniprésents, associés aux hommes dans leurs tâches les plus pénibles depuis des années. Une association homme/animal qui fonctionne, mais qui, en ce début de XXè siècle, est menacée par le « progrès » incarné par les nouveaux modes de déplacement, tels que l’avion. Ce sera donc un défi à relever pour ces "mushers" (conducteurs de traîneaux) qui, au péril de leur vie, démontreront que le traditionnel attelage peut se révéler plus fiable que bien des moyens modernes... Et que le chien a largement mérité son surnom de "meilleur ami de l'homme".
Un récit plein de courage, de rebondissements, de drames et de miracles, où le lecteur sent presque le vent glacé sur sa peau tant il accompagne par la pensée les héros humains et canins qui vont participer à cette course contre la mort.

 

Sombres secrets (Delphine MONTARIOL)


Résumé : 

1890, dans un manoir de la campagne anglaise, Henry Worthington, chef de famille aussi redouté que respecté, découvre le corps sans vie de Mary, l’une de ses domestiques, morte étranglée. L’inspecteur en charge de l’affaire conclut sans délai à un crime de rôdeur. Peu convaincu par cette enquête bâclée, Henry décide d’appeler à l’aide son neveu Stuart Spencer, fils illégitime de sa sœur Violette. Bien qu’il n’ait jamais rencontré Stuart, Henry connaît ses talents d’enquêteur. Pressentant un drame plus vaste que le seul assassinat de la bonne, Stuart prend le premier train en partance de Londres pour rejoindre le manoir familial. Le neveu rejeté se retrouve plongé en pleine réunion de famille où les tensions ne font que croître face à la détermination d’Henry de réintégrer Stuart et sa mère dans la succession. Sous la glace de la bonne société victorienne, un torrent de haine s’apprête à déferler et à détruire tous ceux qui se mettraient sur son passage.

Mon avis :

  J'ai éprouvé quelques difficultés à entrer dans les premières pages pour des raisons de style. Bien que cohérentes avec la période historique à laquelle se déroule le roman, certaines structures de phrases, chargées en adjectifs et propositions, m'égaraient un peu et m'empêchaient de rentrer pleinement dans le vif de l'histoire. Par la suite, cette sensation s'est estompée. 
Les dialogues sont savoureux, le duo formé par Stuart Spencer, ancien militaire portant les stigmates de son passé, et Elsie Worthington, jeune femme indomptable et peu conventionnelle, est attachant et original. J'ai aimé l'atmosphère de la demeure britannique prise dans la tempête (aussi bien en raison des éléments déchaînés à l'extérieur que des actions humaines à l'intérieur). 
Les meurtres s'enchaînent, les soupçons se portent sur chacun des survivants. Entre secrets de famille, questions de statut social, jalousies et liaisons illicites, ce sont des travers très humains et intemporels que présente l'auteure, même si en l'occurrence, le contexte historique est bien campé. 
L'action s'accélère sur la fin et quelques passages franchement mouvementés viennent pimenter l'intrigue. Un bon moment de lecture pour ma part, qui ouvre la porte à d'autres aventures du duo de cousins détectives.

Les égarés (Lori LANSENS)


Résumé : 

Un matin d'hiver, quatre randonneurs se retrouvent dans la cabine d'un téléphérique qui les dépose en haut d'Angel's Peak. La météo change brusquement et une tempête de neige les bloque en altitude. 
Bravant une contrée aussi sublime qu'inhospitalière, Nola, Bridget, Vonn et Wolf - qui ne se connaissaient pas vingt-quatre heures plus tôt - seront confrontés à une question terrible : quels sacrifices sont-ils prêts à consentir pour survivre ?

Mon avis :

 Égarés, les protagonistes de ce passionnant thriller le sont à plus d'un titre. Physiquement, bien sûr, perdus au milieu d'une montagne qui recèle nombre dangers, et moralement, chacun à leur manière. Qu'il s'agisse du deuil, de la perte de sens de l'existence, du désir de mourir, chaque personnage du quatuor se trouve à un tournant de son existence. Paradoxalement, c'est cet épisode partagé de survie qui va les aider à se (re)trouver. En cherchant leur voie à travers la montagne, ils vont également se découvrir un nouveau chemin de vie.

La montagne, plus qu’un décor, est un personnage à part entière. Tout à tour objet de fascination et de répulsion, pourvoyeuse de souffrance et de mort, mais aussi dispensatrice des éléments qui permettront de survivre, c’est un véritable lieu d’initiation (presque tous les moments clés de la vie de Wolf s’y sont déroulés). Un lieu de renaissance aussi, pour ceux qui s’en sortent…

De manière générale, la dualité est omniprésente dans le récit : amour/haine, actes de lâcheté ou de bravoure, égoïsme vil ou altruisme extrême, pardon et rancune, sont autant de thèmes qui vont alimenter les relations entre les personnages.

Les liens familiaux sont au centre des rapports humains, évoqués dans toute leur complexité. Les passages sur l’enfance et la jeunesse de Wolf offrent une pause dans le rythme dramatique du moment présent et distillent au compte-gouttes des informations sur les événements qui l’ont conduit à cette randonnée en montagne. On découvre ainsi l’histoire familiale du jeune homme, élevé tant bien que mal par un père accro aux addictions en tous genres, qui délaisse et déçoit régulièrement ce fils qui ne peut s’empêcher d’aimer son géniteur et d’espérer un changement dans son attitude. Le souvenir de sa mère défunte en est d’autant plus idéalisé. 

La famille Devine offre également une belle étude des rapports tendus mais forts entre femmes de trois générations successives. Par la force des choses, du moins dans un premier temps, elle va devenir une famille d’adoption pour Wolf qui trouvera en elle ce qui lui a toujours fait défaut chez les siens.

Le rythme de ce thriller est prenant et, malgré quelques passages ayant pour vocation d’aggraver davantage la situation des personnages (ou au contraire de leur permettre de tenir encore un peu) qui m’ont paru peu crédibles, j’ai pris un grand plaisir à suivre les multiples rebondissements de cette histoire, entre thriller, aventure survivaliste et étude des forces et faiblesses humaines.

 

 

Un Noël saupoudré d'espoir (Nathalie BRUNAL)


Résumé : 

Et si la magie de Noël vous était contée ? Et s'il suffisait d'y croire ?
Dolly, âgée de seize ans, a perdu son combat contre la maladie. Le cœur lourd, elle a abandonné les êtres qui lui étaient chers les laissant dans un abîme de chagrin. Pourtant, l'espoir renaît lorsque là-haut, on lui propose une mission auprès des siens. D'abord méfiante, puis intriguée, elle paraphe le contrat avec le besoin urgent de revoir ses parents.
Embarquée dans une histoire étonnante avec un compagnon de voyage détonnant, elle revient sous les traits de Gabrielle, un ange fraîchement promu à qui il arrivera le meilleur et surtout le pire. 
Retrouvez votre âme d'enfant et accompagnez-là dans cette aventure où se mêlent humour, amour et espoir. Un conte de Noël qui vous permettra, entre rires et larmes, de croire que tout est possible.

Mon avis :

 "Un Noël saupoudré d'espoir" est à la fois un feel-good qui rend hommage à la période de Noël à travers une ambiance décrivant la magie de cette fête de fin d'année (décorations, boissons chaudes, pâtisseries, bonshommes de neige, plantent au fil des pages un décor qui stimule tous les sens du lecteur) et un message d'espoir sur le sujet douloureux du deuil. Sans tomber dans la mièvrerie, Nathalie Brunal évoque la douleur, l'absence, le refus d'avancer face à l'inacceptable mais également l'espoir, l'amour et la foi.

 Afin d'aider ses parents suite à son décès prématuré, Dolly est renvoyée sur Terre auprès des siens sous une nouvelle identité, celle de Gabrielle. Elle va être confrontée à la douleur d'un proche qui ne veut plus avancer, mais aussi à des moments de doute, un sentiment d'injustice, de la jalousie même face à ceux qui restent et qui pourraient "prendre sa place". La vie continue sans elle et elle en souffre, elle qui a si peu vécu... Mais son amour pour les siens doit prendre le dessus afin que les vivants puissent aller de l'avant. Elle sera heureusement secondée par un angélique mentor et leurs échanges bourrés d'humour et de chamailleries ajoutent une note humoristique très réussie.

 Les tournures de phrases sont jolies, le style poétique et l'amour et la tendresse ont une grande place dans cette histoire où les anges semblent terriblement humains, même dans leur organisation hiérarchique ! Mais n'est-ce pas normal ? Comment un ange pourrait-il venir en aide aux humains s'il était incapable de comprendre leurs fragilités et leurs émotions ? Une très belle histoire.

 

Les 7 pierres de vie (Florence JOUNIAUX)


Résumé : 

Dans une forêt reculée du royaume des Trois-Lunes, un homme mortellement blessé se réveille, totalement désorienté, amnésique. Il est cependant recueilli et soigné par le peuple des Nouts. Le Conseil fait alors appel aux esprits des Anciens pour découvrir qui il est. Quelques bribes de son passé resurgissent : il semblerait avoir mené un rude combat contre les forces du Mal et se prénommerait Martin. De bien maigres renseignements ! Aussi décide-t-il de partir sur les chemins du royaume en quête de son identité. De nombreuses rencontres jalonnent son parcours, semé d’embûches mais aussi de rencontres enrichissantes, celle du Dormeur, Somnéan, et de la prêtresse Dah’ana notamment. Lui apportera-t-elle des réponses ? Qui est-il vraiment ? Parviendra-t-il à retrouver les personnes qui hantent ses rêves ?

Mon avis :

J’avais précédemment découvert la plume de Florence Jouniaux à travers le roman S-F «Argenix», et la manière dont elle mêlait la fiction pure à une réflexion sur la nature humaine m’avait séduite. J’ai donc abordé la trilogie « Les 7 pierres de vie » avec sérénité.
Grande amatrice de la saga épique « Le Seigneur des Anneaux », c’est pourtant souvent avec une petite appréhension que je découvre un roman de fantasy… Pour que la « sauce » prenne, il faut, à mes yeux, que l’auteur vive réellement son univers. Que serait un environnement imaginaire sans ses territoires, ses peuples et ses créatures ? Florence Jouniaux nous offre un monde complet, avec ses langues, sa géographie, son histoire, sa mythologie. C’est un bel hommage à d’autres grands romans de fantasy mais sans jamais tomber dans la copie facile : on perçoit simplement la culture en matière de littérature fantastique de l’autrice et son désir de créer son univers bien à elle, cohérent et fouillé.

 

Les « 7 pierres de vie », c’est d’abord l’histoire d’un homme, dénommé Martin au début de l’histoire, qui a perdu la mémoire et va donc partir à la recherche de lui-même. Une histoire « personnelle » qui va rapidement devenir une destinée hors du commun.
La quête de soi, la maîtrise de ses pouvoirs, la peur face à ce qui nous dépasse, sont des thèmes récurrents auxquels sont confrontés la plupart des personnages de la trilogie. Linéa, princesse douée de capacités magiques et vouée à jouer un grand rôle dans la lutte contre le Mal, en est un parfait exemple : malgré l’aide de son mentor, elle éprouve quelques difficultés à contrôler son « pouvoir » qu’elle perçoit d’abord comme un fardeau… Avoir des capacités hors normes n’est pas toujours un cadeau et les romans le rappellent bien.
 
Parmi les sujets qui réapparaissent régulièrement au fil des tomes, on peut citer le respect pour toute créature vivante (les relations entre hommes et animaux sont valorisées, entre autres avec la belle création de « l’animal-lige »), mais aussi la question de la responsabilité conférée par le pouvoir, qu’il soit magique ou politique, la solidarité et la capacité de sacrifice. Jamais moralisateurs, mais riches en pistes de réflexion, les romans se prêtent à différents niveaux de lecture.

 

Comme dans tout roman de fantasy, la magie est bien entendu omniprésente, que ce soit à travers les pouvoirs des héros qui reposent principalement sur la force de l’esprit, ou dans les pierres de vie si convoitées ayant donné le titre à la trilogie. Cependant, le surnaturel est savamment dosé, subtil, jusqu’à en devenir… naturel, évident du moins. Les personnages, nombreux et bien développés, restent les acteurs sur le devant de la scène. Les « 7 pierres de vie », c’est avant tout l’aventure d’individus auxquels le lecteur s’identifie aisément et dont le périple nous entraîne de Terres inconnues en rencontres terrifiantes ou amicales, d’apprentissages en affrontements contre les forces du Mal.
 
Côté rythme, la trilogie alterne entre pages paisibles consacrées aux descriptions du quotidien des personnages ou de leurs moments de convivialité (tels que des repas qui mettent l’eau à la bouche), et périodes épiques, plus nombreuses dans les deux derniers tomes, où suspense et affrontements se multiplient.
 
Une trilogie qui a su me convaincre du début à la fin.

 

La dame en blanc (WILKIE COLLINS)


Résumé : 

Une nuit, Walter Hartright, jeune professeur de dessin, porte secours à une mystérieuse « dame en blanc » que semble poursuivre une obscure menace. La jeune femme, parmi des propos incohérents, laisse entendre qu'elle est familière d'un lieu où il doit prochainement se rendre - le manoir de Limmeridge, perdu dans les brumes du Nord - pour enseigner la peinture aux deux pupilles de Mr Fairlie, Marian Halcombe et Laura Fairlie.
Une fois sur place, à sa grande stupeur, Walter se rend compte que Laura ressemble étrangement à cette mystérieuse créature fantomatique, tout droit échappée d'un asile... Fervent défenseur de la cause féminine, il sent alors se nouer autour de lui un implacable complot : des mariages arrangés, voire meurtriers ; des hospitalisations de force par d'honorables familles soucieuses d'écarter des témoins gênants ; une société secrète qui fait poignarder les traîtres à sa cause...

Mon avis :

Le démarrage fut pour moi un peu poussif, entre le style assez formel (le roman fut écrit en 1860) et le rythme lent du premier chapitre visant à mettre en place les personnages et le contexte. Un professeur de dessin, William Hartright, sur le point d’être engagé dans une demeure anglaise pour enseigner son art à de jeunes femmes, fait une étrange rencontre nocturne sur une route menant à Londres : une femme, toute de blanc vêtue, apparaît comme surgie du néant et lui tient des propos confus dans lesquels elle le met en garde, mais sans préciser contre qui. A ce stade de l'histoire, on oscille entre romance, polar et fantastique sans pouvoir déterminer quel genre va l'emporter. 
Mais ce n’est pas pour rien si ce livre est considéré comme un des premiers « romans policiers » de l’histoire de la littérature : l'intrigue se met en place, avec un scénario relativement classique et des personnages que l’on cerne rapidement (à l’exception du comte Fosco, pour lequel j’ai conservé des doutes pendant un bon moment). Cependant, deviner ce qui va se passer s’est avéré moins évident que prévu ; certains rebondissements restent prévisibles mais d’autres nous surprennent au détour d’une page. Mystères et secrets de famille, révélations incomplètes, tentatives d’action avortées, manipulations savamment orchestrées et échappatoires inespérées font du roman une œuvre addictive.

 

Les personnages sont clairement à classer en deux catégories opposées. Les hommes sont principalement des êtres indifférents et égocentriques (Mr Fairlie), voire retors, froids, manipulateurs, usant de leur pouvoir social ou juridique pour se servir des femmes. Hartright fait exception et incarne parfaitement la « figure du chevalier blanc », désintéressé et pourvu d’un profond sens de l’honneur.
D’autres personnages secondaires masculins « positifs » viendront en appui dans un second temps (docteur, juriste, professeur…), mais, dans les premiers chapitres, on a clairement l’impression que les femmes n’ont aucune marge de manœuvre dans leur existence. Respect de la parole donnée, sens des convenances, les musellent.
Marian Halcombe, la sœur de Laura Fairlie, qui la pousse à tenir sa parole et écarte ceux qui pourraient la faire douter, m’a parue bien froide au début. Et pourtant, par la suite, elle se révèlera un personnage particulièrement fort, courageux, qui se surpasse grâce à l’amour profond qu’elle porte à sa sœur.

Le personnage de Laura, qui va être l’enjeu du roman, paraît bien fade en comparaison ! Du début à la fin, je l'ai perçue comme un jouet ballotté par les circonstances (ceci dit, rappelons le contexte : l’Angleterre du XIXè siècle limitait sérieusement les possibilités pour une femme de prendre son destin en main). Mais le tempérament même de l’héroïne est en cause : chez Laura, j’ai trouvé une résignation et une passivité parfois exaspérantes. Elle est belle, fragile et vulnérable, incarnant la princesse en détresse dont le salut ne pourra venir que d'un vaillant héros.

Un autre personnage féminin capital est celui d’Anne, mystérieuse, déséquilibrée, qui apparaît comme une sorte de Pythie connaissant de lourds secrets et pressentant les évènements tragiques à venir, sans toutefois pouvoir les expliquer de manière claire. Elle avertit, mais sans donner les précisions nécessaires à l’action, elle distille des informations au compte-goutte et, s'il devait y avoir un fantôme dans l'histoire, ce serait bien elle, de par l'omniprésence de son ombre qui plane sur le passé et le présent, sans toutefois apparaître très souvent physiquement.

 

L’usage de différents narrateurs selon les parties du roman permet de ressentir les points de vue des divers personnages et de révéler au lecteur ce qui reste secret pour les autres protagonistes. Une bonne méthode pour ménager le suspense. Le rythme varie entre passages où l’intrigue avance rapidement et des moments plus lents qui avivent notre impatience de connaître la suite.
 

L’ambiance est celle de l’Angleterre au XIXè siècle, dans un milieu aisé, au sein de belles demeures. Dans la deuxième partie du roman, Blackwater Park (le bien nommé !) est un domaine sombre, doté d'un étang sinistre... On verrait bien un meurtre s’y dérouler… Et justement, c'est en ce lieu que le danger rôde et que le piège se referme comme une toile d’araignée, avec l’argent pour motivation. Que peuvent faire l’héroïne et sa sœur pour y échapper ? Un meurtre aura-t-il lieu ?

 

Intrigue chez Virginia Woolf (Anne-Marie Bougret)


Résumé : 

Clara lit dans le journal que son amant est mêlé à une affaire de meurtre et de proxénétisme. 
Un comble quand on est une fervente admiratrice de Virginia Woolf et de son féminisme avant-gardiste !
Pour tirer cette affaire au clair, elle entraîne sa vieille amie Sally dans une histoire qui les dépasse, à travers une région où rôde le fantôme de la célèbre romancière.
Clara parviendra-t-elle à échapper à la mafia, et à réhabiliter à la fois l’honneur de son amoureux et la mémoire de son égérie ?

Mon avis :

Dès les premières pages, je me suis attachée au personnage de Clara, femme de caractère mais néanmoins sensible, qui se retrouve confrontée, par le biais de son petit ami, à un crime. On devine une machination, peut-être une vengeance, l'intervention de milieux criminels... Jusque là, rien que de très classique me direz-vous ? Que nenni ! Et c'est là la force de ce roman, qui entremêle avec brio "l'enquête" actuelle sur la mort d'une étudiante et une recherche sur les vraies raisons de la mort de l'écrivaine engagée Virginia Woolf.
L'ombre de celle-ci plane déjà sur le début du roman : Clara lui voue une admiration profonde, elle fréquente les lieux où elle a vécu, rencontre des personnes qui l'ont connue... On devine un lien entre les deux femmes, comme une passation de flambeau spirituel entre deux personnalités engagées de générations différentes.
Pour ma part, je ne connaissais que très vaguement Virginia Woolf et j'ai pris plaisir à découvrir sa vie et son œuvre à travers ce roman de fiction : sans jamais tomber dans la biographie, mais au travers de belles évocations et citations, Anne-Marie Bougret distille suffisamment d'éléments concernant Virginia Woolf pour en faire une ombre omniprésente de l'histoire (et même plus par la suite mais je vous laisse le plaisir de le découvrir).
Le roman nous plonge dans une atmosphère cosy et met en valeur le British way of life à travers de jolies descriptions de plats, de lieux, de décorations, dont le sens du détail donne au lecteur l'impression de voir la scène se dérouler devant ses yeux.
Le rythme alterne entre moments d'action, voire de drame, et passages plus apaisés, dans une atmosphère feutrée.
Pour finir, impossible de ne pas évoquer la réflexion de fond sur la condition féminine et les rapports hommes-femmes, avec un parallèle entre l'époque de Virginia Woolf et l'époque actuelle.
Un beau roman, original, intelligent, engagé. Je le recommande vivement !

 

Le maître de la lande (Ruth Rendell)


Résumé : 

0ui, c'est bien Stephen qui a découvert le premier cadavre. Oui, c'est lui qui a inspecté la voiture abandonnée de la seconde victime. Oui, il a laissé ses empreintes digitales sur la carrosserie. Et alors ? Stephen aime la lande, il s'y promène souvent, voilà l'explication. Il est même le seul à en connaître chaque dolmen, chaque buisson. Mais qu'est-ce que ça prouve ? Son groupe sanguin est aussi celui du tueur ? Simple coïncidence. Il n'est pas psychopathe, lui, il n'a rien contre les femmes blondes. Et ce n'est pas sa faute si l'autre s'embusque sur la lande pour étrangler et scalper ses victimes.

Mon avis :

Le premier Ruth Rendell que je découvre, un de ces livres trouvés par hasard dans une boîte à livres. le titre m'a attirée.
J'attendais du mystère, des ambiances humides et brumeuses, quasi magiques. de ce côté, je n'ai pas été déçue, pourtant les premiers chapitres m'ont parus très classiques, un peu lents même.
Heureusement, la lande s'avère être un personnage à part entière, avec ses pierres mystérieuses, ses cavités oubliées et ses variations climatiques. Les premiers cadavres apparaissent, de blondes jeunes femmes, qui font figure de victimes de sacrifices (leurs chevelures sont systématiquement prélevées).
Le personnage principal, Stephen, m'a fascinée. Trouble, perturbé, il est amoureux passionné de la lande, bien plus que de sa femme pour laquelle il éprouve cependant une possessivité maladive. Il est aussi l'héritier d'une famille aux nombreux secrets, où bien des membres font défaut. L'ombre d'un ancêtre célèbre plane sur son existence alors que la présence envahissante de son père le vide de son identité et que l'absence de sa mère enfuie le laisse orphelin...
Je me suis passionnée pour sa descente dans la tourmente criminelle, avec une deuxième partie du roman beaucoup plus rythmée que le début, et plus originale aussi, même si on se perd un peu dans certains passages complexes.

 

HALLOWE’EN 

(recueil de nouvelles de
Laurel GEISS, ArieL I.S, Anaïs MONY, Nelly BOUTCHOKI)


Résumé : 

Quatre autrices de talent associent leurs plumes pour vous proposer quatre nouvelles à dévorer dans le noir.
La romance, la chick lit, le thriller et le fantastique se rencontrent ainsi pour votre plus grand plaisir.

BAS LES MASQUES par Nelly Boutchoki
HALLOWEEN FATAL par Laurel Geiss
LA LUNE D’OPALE par ArieL I.S
UNE NOUNOU D’ENFER par Anaïs Mony

Mon avis :

Quatre histoires au ton foncièrement différent mais avec un point commun : elles sont centrées autour de la période d'Halloween.
De jolies variations sur le thème de la fête des déguisements et des surprises à la citrouille (ou sans) donc. 
La première histoire, narrée sur un ton girly et plein d'auto-dérision, manie avec brio humour et retournement de situation, avec en prime, derrière une ambiance légère, une réflexion bien sentie sur le poids de l'apparence.
La seconde nouvelle vous entraînera dans une ambiance de thriller, palpitante à souhait, avec une famille sans histoires qui sent une terrible menace se resserrer autour d'elle comme un étau. Jusqu'où cet acharnement se poursuivra-t-il ? La tension monte crescendo, pour notre plaisir.
Ensuite, vient un nouvelle fantastique, avec un brin de terreur, qui m'a rappelé les livres d'épouvante que je lisais dans ma jeunesse, frissonnant de plaisir. C'est frais, sympa, avec une chute surprenante !
Pour finir, une romance sensuelle autour d'une situation apriori banale mais qui va se révéler originale par le rôle attribué à chacun des protagonistes. Un bon moment feel-good avec un zeste d'érotisme.
En résumé, en octobre ou à tout autre moment de l'année, un recueil à découvrir !

Résurrection de Sherlock Holmes (Arthur Conan Doyle)

Résumé : 

Choisies parmi les enquêtes les plus remarquables de Sherlock Holmes par le fidèle Watson qui a été personnellement mêlé à la plupart d'entre elles, voici treize «affaires» captivantes qui mettent en lumière les facultés étonnantes du célèbre détective

Mon avis :

Un recueil fidèle à la série des Sherlock Holmes. On retrouve avec plaisir le génial détective au tempérament ombrageux, secondé par le fidèle Dr Watson. Vous pensiez avoir commis le méfait idéal ? Qu'il s'agisse d'un meurtre, d'un enlèvement, d'une manipulation, d'un vol ou autre, Holmes, lui, saura trouver le petit détail qui le mettra sur la piste de la vérité, à travers un objet déplacé, une tache presque invisible, une attitude trop parfaite, un décalage d'emploi du temps... Sa logique sans faille lui permet de faire le tri dans les hypothèses jusqu'à n'en garder qu'une : la bonne. Peu adroit dans les relations humaines, mais doté d'un esprit terriblement aiguisé, Sherlock Holmes fait trembler les criminels de tout poil ! 

Malveillance (Danielle Steel)

Résumé : 

Une jeune fille, profondément marquée par son passé, ne souhaite qu'une chose : qu'on la laisse tranquille.
Lorsque, seule au monde, Grace arrive à Chicago, personne ne connaît les terribles épreuves qu'elle a traversées. Grace ne recherche que le calme et l'oubli. Elle trouve un emploi de secrétaire et consacre tout son temps libre à une association caritative. Profondément blessée par un chagrin d'amour, Grace quitte Chicago pour New York. Là-bas, elle mène une vie sans histoires, jusqu'à cette nuit fatidique où elle est sauvagement agressée. Ce nouveau drame aura pourtant une conséquence heureuse : elle va découvrir l'amour. Le bonheur la libère enfin des fantômes de son lourd et douloureux passé. Apaisée et transfigurée, Grace se partage sans compter entre son époux, leurs enfants et l'association qu'elle a fondée. Mais son passé va brutalement resurgir, emportant sa famille dans une épouvantable tempête, faite de mensonges, de médisances et de scandales.

danielle steel

Mon avis :

Un avis mitigé pour ce roman. J'ai apprécié le début, avec la situation poignante de Grace, l'héroïne qui n'est alors qu'une enfant et qui subit les sévices les plus odieux de la part de ses parents, sévices décrits sans voyeurisme mais sans édulcorant non plus. Un engrenage terrible de mensonges, de honte et de culpabilité, qui vont la conduire, le jour où elle commettra l'irréparable pour se défendre, à se considérer elle-même comme coupable et à vouloir baisser les bras. Son lent parcours pour retrouver le respect d'elle-même et l'envie de se battre, la force qu'elle trouvera dans le soutien des rares (et premières !) personnes qui vont croire en elle, m'a convaincue. A travers l'expérience de la prison, elle se forge une nouvelle personnalité et repart dans l'existence avec un souhait : utiliser ce qu'elle a vécu pour aider les enfants qui souffrent. Un cheminement personnel intéressant qui aurait pu être davantage développé.
La suite du roman m'a plutôt ennuyée, j'avais le sentiment de passer d'un extrême à l'autre en oscillant entre la malveillance calculatrice de ses premières relations (on a quand même l'impression que presque tous les hommes qu'elle croise veulent la violer... ce qui me paraît un peu tiré par les cheveux), puis dans une histoire d'amour relavant du conte de fée où tout est rose, parfait, luxueux (on retrouve l'idée du "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants"). 
La fin du roman a rattrapé cependant mon attention défaillante en développant d'autres thèmes : comment le passé d'une personne peut la poursuivre toute sa vie, détruire ce qu'elle a construit, briser ses relations avec ses proches, ainsi que le pouvoir des médias et le poids d'une réputation quand on est une personne publique. Ce roman avait un bon sujet de départ à mon sens, mais qui aurait mérité un traitement un peu plus fin par moments et surtout des personnages moins manichéens. 

Un temps de chien (Cyrille AUDEBERT)

Résumé : 

Au cœur d’étranges évènements, les lieutenants Margot Baudor et Octave Billy enquêtent sur des cadavres horriblement mutilés. L’assassin est-il un dangereux psychopathe ou un animal de légende comme certains détails tendent à le prouver ? Entre mythologies celtes, crimes rituels et chasse à l’homme, une plongée dans un incroyable univers. 
"Un Temps de Chien" est la suite de "L’Évangile selon Jacques Lucas".

Mon avis :
Le démarrage nous met d'emblée dans l'ambiance avec des cadavres d’animaux qui semblent tomber du ciel, puis la découverte de corps humains démembrés entourés d'étranges empreintes... Simultanément, une mystérieuse femme blonde, dénudée, amnésique pour compliquer les choses, apparaît près du lieu du crime, comme surgie de nulle part.
 Très vite, un parallèle est fait avec des légendes de la mythologie celte. Les policiers, au demeurant des personnages sympathiques tourmentés par leurs amours compliquées voire impossibles, se trouvent fort démunis face à ces crimes.
 Un homme (mais est-ce vraiment un homme ?), Mac Cool, qui n’est pas sans évoquer un devin ou un barde des temps anciens, va aider le lieutenant Margot Baudor dans son enquête. Vieil irlandais très au fait des légendes et créatures mystérieuses, dont on devine qu’il est doté pour le moins de capacités hors normes, il va se révéler un appui précieux dans la traque à la « Bête ».
 Le décor est planté et on s’oriente peu à peu vers un suspect qui ne serait pas vraiment humain, mais pas tout à fait animal non plus. L’ambiance est au rendez-vous, mêlant polar, mythologie et surnaturel (cette dimension s’accentue au fil de l’histoire, sans jamais basculer dans le roman fantastique pur).
 Au-delà des dialogues ponctués de belles réparties et de traits d’humour, on retrouve aussi un questionnement en filigrane sur l’apparence.

 Un mélange des genres qui a séduit la lectrice férue de crimes mystérieux et de créatures mythologiques que je suis !