3 conseils pour un auteur indépendant


Cet article participe à l’évènement « 3 conseils pour un auteur indépendant » du blog ecrire-et-etre-lu. J’apprécie beaucoup ce blog, et en fait mon article préféré est celui-ci, relatif à la gestion de son temps (applicable à la fois à l’activité d’écriture et à la vie en général !) : https://ecrire-et-etre-lu.com/comment-gerer-son-temps-pour-pouvoir-ecrire/.

 

Mon premier conseil peut paraître évident mais il est en réalité souvent ignoré par les personnes qui se lancent dans l’écriture : il consiste à écrire avant tout par passion.

Pourquoi est-ce si important ? Tout d’abord parce que nous sommes des millions à écrire, parfois en griffonnant quelques mots sur un journal, d’autres fois en écrivant un roman complet… Avec le développement des moyens offerts aux auteurs pour publier leurs œuvres en dehors des maisons d’édition traditionnelles, quasiment n’importe qui peut aujourd’hui transformer son roman ou sa nouvelle en un livre mis à la disposition du public. Autant dire que la concurrence est rude ! Malheur à celui ou celle qui écrit dans le seul but de connaître un succès mondial, de vivre de ses royalties ou de devenir une célébrité littéraire courtisée par des dizaines de maisons d’édition renommées. Je ne dis pas que c’est impossible, mais se lancer dans l’écriture avec pour seul but d’obtenir la richesse ou le succès, c’est hasardeux… Autant jouer à la loterie. Et la déception en cas « d’échec » sera d’autant plus violente.

Écrire par passion, c’est avant tout trouver du plaisir à cette activité, considérer en fin de journée que l’on est heureux de ce qui a été réalisé, se sentir bien en déroulant son histoire, avoir le sourire en relisant la version finale… Écrire est un plaisir, un besoin, un exutoire, selon les personnes. Mais c’est une activité qui doit presque se suffire à elle-même en matière de satisfaction. Pour celles et ceux, dont je fais partie, qui souhaitent que leurs histoires soient lues par un public, cette osmose avec son activité est tout aussi nécessaire. Un lecteur ressent les émotions transmises dans un texte, l’investissement de l’auteur, comme un gastronome va apprécie l’amour mis par un chef cuisinier dans la réalisation d’un plat. Soit, la passion et l’amour sont insuffisants, il faut aussi de la technique, néanmoins, ils demeurent nécessaires ! Un travail réalisé avec désintérêt, un plat cuisiné machinalement, un livre écrit avec indifférence, ne donneront jamais un résultat satisfaisant pour celui qui les découvrira.

 

Mon deuxième conseil est de bien définir le genre de son roman.

Dans certains cas, le choix du genre et le respect de celui-ci dans le déroulé de l’œuvre sont évidents : un polar mettant en scène un cynique enquêteur solitaire confronté à une succession de crimes sanglants, avec peu de passages sur sa vie personnelle et aucun élément fantastique, appartiendra sans nul doute au genre du roman noir. Ce n’est cependant pas toujours si simple. Un polar ou un roman de fantasy peuvent ainsi intégrer une histoire d’amour entre deux personnages par exemple, sans pour autant devenir de la romance pure. Mais dans ce cas, il est important de rester dans la ligne générale fixée au départ : à travers le ton, la dose de noirceur ou de merveilleux, l’occurrence de scènes d’amour ou de crime…

Pourquoi est-ce important ? Pour ne pas déboussoler le lecteur : celui qui achète ou emprunte un roman présenté comme historique et ne découvre, au fil des pages, qu’une succession de scènes d’amour qui pourraient par ailleurs se dérouler à n’importe quelle époque, risque fort d’éprouver une réelle frustration. 

La couverture, le titre, le résumé, donnent le ton de l’histoire, celle-ci doit donc rester en phase avec ce qui a été en quelque sorte annoncé au lecteur. Il n’est pas impossible, et cela peut même être plaisant, d’intégrer quelques éléments d’un genre différent, à condition qu’ils restent bien dosés, pertinents pour l’histoire, et ne prennent pas le dessus sur l’ambiance générale.

 

Mon troisième conseil concerne le choix du titre de son roman : le titre, c’est la première chose que le lecteur va découvrir, ou la seconde s’il est d’abord attiré par la couverture. Le titre doit donner envie de lire le résumé, de feuilleter quelques pages... ou plus !

Il est nécessaire que le titre soit attractif, accrocheur, et qu’il annonce l’esprit de l’œuvre. Que l’auteur l’ai choisi avant même de commencer l’écriture du roman, ou qu’il le définisse une fois le point final posé, le titre doit donner une idée du contenu, du style. Un titre mièvre pour un polar sombre sera par exemple à bannir. Un titre original, mystérieux, décalé, amusant (selon le genre de l’histoire bien entendu) peut être une bonne accroche. Avez-vous constaté que certains succès littéraires du moment portent des titres assez originaux ou improbables ? Le genre de titre qui retient l’attention du lecteur et le pousse à se demander ce que peut bien contenir ce livre : il passe donc à l’étape suivante, et se penche sur le résumé (un pas de plus dans la bonne direction vers la lecture totale de l’ouvrage !).

Un titre court, mais percutant, peut également être une bonne option : il se retient mieux qu’un titre alambiqué. Pour un style gore ou très noir, l’auteur n’hésitera pas à choisir des termes violents, choquants. Pour du merveilleux, un peu de poésie et de mystère fait son effet…

Utiliser des mots-clés des thèmes que l’on retrouve dans l’histoire, les lister avant de sélectionner ceux qui composeront dans le tire, est une méthode assez pratique. Et dans le cas des séries en plusieurs épisodes, il ne faut pas oublier les sous-titres, un pour chaque tome.



Anecdote d'écriture n°7 : comment découper son roman en chapitres ?


C’est pour moi une question qui se pose une fois le manuscrit terminé. De nombreux sites, blogs, forums, liés à l’écriture fourmillent de conseils sur cette étape. Grosso modo, on relèvera deux possibilités pour choisir le moment où terminer un chapitre pour aborder le suivant : la première option consiste à achever un chapitre à la fin d’une action ou d’un épisode avec une unité temporelle, ce qui permet alors au lecteur de faire une pause, voire de déposer le livre (temporairement !) pour y revenir plus tard. La deuxième option, au contraire (quand l’auteur est un peu sadique et désire que le lecteur ne lâche pas le livre jusqu’à la page finale et tant pis s’il y passe la nuit !), tend à clore le chapitre sur une révélation clé, un moment où l’action rebondit tel que “elle se retourna, il braquait une arme sur elle”, “je vais te dire qui est ton père”, etc.

Pour ma part, j’alterne les deux possibilités. Quand une action se déroule avec un décalage temporel marqué par rapport à la précédente, ou que l’on passe de la situation d’un  personnage à celle d’un autre, sans lien apparent entre les deux, clore un chapitre me paraît une bonne opportunité pour laisser le lecteur faire une pause. Mais de temps en temps, j’aime bien jouer un peu avec le suspense et donner envie au lecteur de passer de suite au chapitre suivant en terminant l’action sur une révélation, un moment crucial. Je l’interprète comme un test du pouvoir addictif de l’histoire : bien sûr je ne serai pas aux côtés du lecteur et ne saurai donc pas s’il s’est rué sur le chapitre suivant ou s’il a tout de même posé le livre, mais j’en prends le pari.

Un dernier mot sur la longueur des chapitres (vous trouverez là aussi bon nombre de conseils sur Internet, je ne fais ici que partager avec vous ma manière personnelle de procéder) : d’une manière générale, il est admis que des chapitres courts donnent du rythme au roman. C’est le choix pour lequel j’ai opté dans les polars de ma série "Tuer n'est pas vivre", avec des chapitres d'une vingtaine de pages dont j’essaie d’harmoniser la longueur, même si, pour les besoins de l’histoire, certains sont plus longs que d’autres, le principal étant de maintenir une découpe cohérente. Dans mon recueil de nouvelles "Cinq nuances de polars", les chapitres sont forcément plus courts mais j'ai essayé là aussi de les équilibrer.

 
  



Anecdote d'écriture n°6 : rédiger la 4è de couverture de son livre


Ah, le fameux "résumé", celui qui doit attirer les lecteurs, leur mettre l'eau à la bouche, comme on dit, sans trop en dévoiler non plus. Un vrai casse-tête, et pourtant un passage incontournable !

Les techniques divergent, malgré quelques constantes que j'ai pu relever auprès d'auteurs ou sur des blogs spécialisés : il convient d'en révéler suffisamment pour donner envie au lecteur sans "spoiler" non plus, placer l’histoire dans son contexte (lieu, époque) et présenter les personnages principaux. Ensuite, développer l’intrigue, évoquer les références (littéraires, cinématographiques...) s’il y en a.

La principale difficulté reste de se mettre à la place du lecteur, l’auteur ayant tellement lu et relu (on l’espère) son livre qu’il le connaît presque par cœur. De même, les personnages, issus de son imagination (je parle ici d’œuvres de fiction), n’ont plus de secrets pour lui. Il n’en va pas de même pour le lecteur. Les émotions auxquelles celui-ci doit s’attendre en plongeant dans le roman sont mises en évidence par ces quelques lignes, le ton du livre doit nécessairement ressortir.
Pour ma part, j’ai trouvé une petite astuce pour rédiger mes “résumés” : je commence par lister des mots clés qui me paraissent être les thèmes principaux du roman. Ensuite, je créé un résumé qui inclut tous ces mots-clés. Plusieurs relectures sont nécessaires.

Certaines quatrièmes de couverture présentent un passage du livre, un morceau d’un dialogue, un extrait d’une description. Ils doivent, dans ce cas, être particulièrement représentatifs de l’esprit de l’œuvre. Dans mon cas personnel, je n'ai fait le choix de l'extrait que pour le 3è tome de "Tuer n'est pas vivre" car il s'agit d'une série et je suis partie du principe que les lecteurs qui se pencheraient sur ce troisième opus avaient lu les précédents et connaissaient donc le contexte général ainsi que les protagonistes. Néanmoins, j'y ai ajouté un petit résumé présentant quelques péripéties auxquelles les héros allaient être confrontés.

La quatrième de couverture du recueil de nouvelles policières "Cinq nuances de polars", que je finalise en ce moment, me donne moins de difficultés : donner le ton de l'ensemble, présenter le style et le titre de chacune des nouvelles, ainsi que le contexte.
  



Anecdote d'écriture n°5 : choisir le temps du récit et le point de vue narratif

Aussi loin que remontent mes souvenirs d'écriture, j'ai toujours employé la troisième personne et l'imparfait/passé simple dans mes textes. La plupart des livres que j'ai lus étaient ainsi rédigés et cela me semblait évident. Ce sont des retours de lecteurs/lectrices qui m'ont fait prendre conscience que ce parti pris n'est pas une évidence pour tous et qu'il peut avoir ses limites.
Les "reproches" émanant ainsi des lecteurs qui se disaient gênés par l'emploi du passé et/ou d'une narration à la troisième personne (notamment dans "Tuer n'est pas vivre") portent essentiellement sur la distance instaurée entre le moment du récit et le moment de la lecture, ainsi que sur l'identification aux personnages.
Je me suis efforcée de comprendre ce mécanisme, dans un premier temps en lisant à mon tour des récits au présent et/ou écrits à la première personne. Pour ma part, j'avoue que quand j'éprouve des difficultés à entrer dans une histoire, ce n'est pas du fait du temps employé ou du point de vue narratif (plutôt un problème avec le contenu, les personnages...).
Mais j'ai aussi pris conscience qu'en tant qu'auteur, mon point de vue est forcément différent de celui du lecteur. Quand j'écris, je relate une histoire qui se déroule dans mon esprit, un peu comme si je regardais un film. Il n'y a donc pas de mise à distance pour moi, je suis absorbée dedans. Pour un lecteur qui "découvre" ce monde de l'extérieur, des éléments tels que le temps employé ou le point de vue narratif peuvent contribuer à créer une distance. Certains lecteurs disent aimer pouvoir se mettre "dans la tête" du personnage avec l'usage de la première personne, d'autres n'aiment pas, d'autres enfin n'y accordent pas d'attention particulière... Aucun style ne plaît à tout le monde !

J'ai cependant profité de l'occasion que m'offre l'écriture du recueil de nouvelles policières (sur lequel je travaille en ce moment), pour sortir un peu de ma zone de confort et m'essayer à des textes écrits au présent, d'autres à la première personne... Et c'est une expérience très intéressante ! J'ai naturellement tendance à revenir à l'imparfait/au passé simple quand j'écris (mais je me corrige à la relecture), par contre utiliser une narration à la première personne m'a bien plu, j'ai d'autant plus l'impression de me glisser dans la peau du personnage.
Alors pour mes prochains textes (il devrait y en avoir), je ne jurerai de rien !

Anecdote d'écriture n°4 : les fiches sur les personnages

Quand il écrit un roman, ou des romans, avec des personnages principaux, récurrents, l'auteur finit par tout savoir d'eux, ou presque. Ce qui ne va pas sans présenter quelques risques. 
D'une part, quand l’auteur est “habité” par ses héros, il peut facilement oublier que le lecteur n’est pas dans la tête de l’écrivain... Attention donc à ne pas tenir pour acquis un élément qui paraît évident à l'auteur (puisqu'il l'a inventé) mais qui sera incompréhensible pour le lecteur, tout simplement parce qu'il n'est pas explicitement mentionné. Tout doit être compréhensible pour une personne extérieure, qui découvre les personnages et l’action.
D'autre part, notamment quand on se lance dans un roman ou une série, on peut avoir tendance, au fil des aventures, à "oublier" quelques détails du début relatifs aux personnages.
Afin d’avoir toujours bien en tête le détail de la personnalité de chacun, je rédige des fiches sur tous les personnages. Celles-ci peuvent être succinctes quand il s'agit de personnages apparaissant dans une courte nouvelle et qui n'ont pas vocation à réapparaître par la suite, ou vraiment développées pour les héros récurrents de "Tuer n'est pas vivre", par exemple. Wade, Marina, Tony et les autres font chacun l'objet d'une fiche détaillée mentionnant aussi bien leur date de naissance, leur description physique, leurs traits de caractère, leur histoire, leurs relations, jusque dans les détails (tatouages, cicatrices, allergies, pseudos...). Pour les personnages secondaires, les fiches sont légèrement moins détaillées mais elles existent aussi.
"Tuer n'est pas vivre" se déroulant sur plusieurs mois, il est important de ne pas oublier au fil des pages les éléments communiqués au début sur tel ou tel personnage, ni de les contredire ensuite. Mes fiches sont donc évolutives : j'ajoute des parties, en indiquant à quel moment de l'histoire tel ou tel élément est mentionné. Dès le début, j'ai indiqué sur les fiches des éléments à ne révéler que par la suite, mais je les avais déjà en tête au cours de l'écriture.
Développer les personnages est à mes yeux un jeu d’équilibre : ne pas trop en dire pour laisser à chaque lecteur la possibilité de faire son opinion en toute liberté, mais en révéler suffisamment pour assurer la cohérence des actions et réactions des protagonistes.

Anecdote d'écriture n°3 : les descriptions et l'ambiance

Je l'avoue, les descriptions ne sont pas ce que je préfère dans l'écriture. J'affectionne davantage les dialogues. Ceux qui ont lu “Tuer n’est pas vivre” l'auront sans doute noté, si  les descriptions des ressentis et des motivations des personnages sont bien développées, celles des lieux, en revanche, sont plus succinctes. 

Néanmoins, il en faut un minimum pour situer l’action et surtout rendre l’atmosphère d’une scène. J’ai trouvé deux solutions pour m’aider, la première est de développer autour de moi une ambiance auditive ou visuelle en rapport avec le ton de la scène (par de la musique, un film, un reportage...). En me plongeant dans l'état d'esprit adéquat, cette atmosphère choisie facilite la venue des images dans mon esprit, que je retranscris ensuite par des mots.
La deuxième méthode renvoie à ce que j'ai déjà évoqué dans mes anecdotes : il s'agit d'aller "voir" à distance les lieux que l'on décrit. Par exemple, pour "Tuer n'est pas vivre", j'ai situé l’action dans une ville que je ne connais pas (New York). Il existe des outils formidables (sites internet notamment) qui m'ont permis de visualiser des rues ou des quartiers comme si j'y étais. 
J'emploie toujours ces outils en ce moment pour l'écriture de mon recueil de nouvelles policières. Entre deux phases d'écriture, je peux passer de longues minutes à “déambuler virtuellement” dans un secteur et observer le paysage, les façades, le mobilier urbain, les panneaux, la nature... Je sélectionne un endroit où situer ma scène et c’est parti pour la (courte) description. Le fait d’avoir une “vue” sous les yeux permet à tout moment de vérifier la cohérence du récit (on risque moins d’oublier la présence du lampadaire que l’on a cité au début du paragraphe si on l’a sous les yeux à l’écran par exemple).


Anecdote d'écriture n°2 : respecter la chronologie de son histoire

J’évoquais dernièrement l’importance de la cohérence dans un roman ; un autre élément capital est le respect de la chronologie. Si votre roman se déroule sur plusieurs mois, voire plusieurs années, il n'est pas envisageable d’oublier de changer de saison ou d’ignorer la météo (“Ils sont encore en été ?? Cela fait dix mois qu’ils sont en été...”, ou “Tiens, il neige dans ce passage, pourtant vu la chronologie de l'histoire, on est en plein mois de juillet”). Par exemple, dans "Tuer n'est pas vivre", les trois tomes se déroulent sur plusieurs mois et j'avoue qu'au milieu de l'écriture du tome 2, je ne savais plus trop à quelle période de l'année les protagonistes étaient censés se trouver...
La solution ? Mettre en place un calendrier, en parallèle de l'écriture du roman, et y pointer les événements en imaginant les dates auxquels ils se produisent, le nombre de jours séparant deux scènes... Et ce même si lesdites dates ne sont pas explicitement mentionnées dans le roman. Tous les passages où un indicateur de temps est mentionné ("une semaine plus tard", "un mois s'était écoulé", "le lendemain", etc) permettent de reporter les faits sur le "calendrier de suivi". 

Pour compliquer les choses, je n’écris pas forcément mes histoires dans l’ordre chronologique. Quand une idée me vient, je la rédige rapidement, la mise en place se fait dans un second temps. Selon mon humeur ou mon inspiration, je peux ainsi écrire une scène qui se trouvera provisoirement "détachée" du reste de l'histoire.
Enfin, et là je prends le cas du recueil de nouvelles policières que je suis en train d'écrire, la vigilance quant à la chronologie ne s'applique pas uniquement aux "longues histoires". Les nouvelles que j'invente se déroulent sur quelques jours, ou quelques semaines pour certaines. Ce qui n'empêche pas les possibles erreurs de "timing" (une journée trop longue où on ne voit pas la nuit venir, une semaine où on omet le week-end...). C'est donc parfois un pointage "heure par heure" ou "jour par jour" que je réalise. 
Une de ces nouvelles, qui s'apparente à un road-movie, en est le cas le plus évident : les faits se déroulent sur deux jours et il faut tenir compte à la fois du temps et de l'espace ; la progression en voiture des personnages ne peut ignorer les délais de parcours et une carte m'a été fort utile dans ce cas précis... J'ai ainsi réalisé, juste à temps, qu'ils comptaient s'arrêter dans une boulangerie alors que, au vu de la distance parcourue, on était au milieu de la nuit  !


Anecdote d'écriture n°1 : assurer la cohérence de son roman

Une fois passée la délicieuse phase d'écriture "compulsive" (j'écris au fil de la plume, les idées viennent, s'enchaînent, et je les traduis par des mots, un peu comme je décrirais un film), il est temps de retravailler ses écrits pour vérifier la cohérence de l'ensemble. 
J'écris du policier/thriller, donc de la fiction : c'est romancé, soit, mais je tiens à garder du réalisme dans l'histoire ; les lecteurs ne doivent pas tomber sur un anachronisme, une impossibilité ou une coquille qui casserait tout. Vigilance donc.
Des recherches s'imposent dans l'écriture de chacun de mes livres. Par exemple, le polar "Tuer n'est pas vivre" se déroule à New-York et je n'y suis jamais allée, de plus mes références culturelles et sociales sont françaises. J'ai donc essayé de faire particulièrement attention à tout ce qui ne collerait pas avec la vie à New-York aujourd'hui. J'ai vérifié scrupuleusement les éléments auxquels je fais allusion, le nom des quartiers, la fréquentation de tel ou tel lieu, les habitudes des habitants, etc.
J'ai aussi utilisé des plans de lieux disponibles sur Internet et j'ai téléchargé plusieurs cartes de New-York et Manhattan (Internet m'a beaucoup aidée) ! 
Les reportages et documentaires télévisés ont également été une source intéressante pour mieux appréhender aussi bien les éléments les éléments relatifs à la vie new-yorkaise que le sujet de la Mafia, un thème omniprésent dans "Tuer n'est pas vivre". 
Qui dit polar, dit souvent crime, éventuellement armes... Là aussi, n'étant pas une experte en la matière (bien que des lecteurs me demandent parfois si j'ai travaillé dans la police !) , des recherches un brin "techniques" se sont avérées nécessaires.
Fastidieux ? Non, pas quand le sujet vous plaît. Et c'est un travail nécessaire pour offrir aux lecteurs une histoire finalisée de qualité.
Enfin, il ne faut pas oublier le travail fourni par les béta-lecteurs : apportant un œil neuf sur l'histoire, ils repèrent des éléments qui échappent à l'auteur, trop plongé dans son texte. Dernièrement, dans mon recueil de nouvelles policières en cours d'écriture, une béta-lectrice a relevé une impossibilité "administrative". Trop prise par le rythme de mon histoire, j'avais zappé cet élément qui cassait la crédibilité de la révélation qui s'en suivait...  L'erreur a été corrigée à temps.